jeudi, 19 juillet 2018

Le médicament, ramené tel un vulgaire produit dans des cabas Ni les autorités, ni l’ASPO, n’arrivent à freiner cette honteuse situation !

Publié dans Oran mercredi, 11 juillet 2018 16:45
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Par : Zitouni Mustapha

Tels les habits, les produits alimentaires et d’autres produits ramenés par des «besnassa » pour fournir certains commerces à Oran, le médicament, produit très règlementé, nécessitant une armada de mesures pour son transport et sa revente, connaît lui aussi ses filières clandestines, et il est ramené tel un vulgaire produit en cabas, pour fournir certaines officines. 
Un congrès national a même été tenu à Oran par les professionnels en pharmacie avec comme thème «le médicament Cabas » pour juste en débattre, car passé ce congrès et une année après, la dramatique et honteuse situation, reste malheureusement inchangée. 
Le marché informel, tel qu’on le connaît avec sa main mise sur le circuit commercial national, touche une large gamme de produits, qu’ils soient alimentaires ou autres, mais là, où la situation devient des plus inquiétantes, c’est lorsque ce marché informel touche un produit aussi sensible que le médicament et ce sont des pharmaciens au long cursus universitaire qui font dans ce business, avec la complicité de ceux qui les fournissent en médicaments, qu’il viennent de Tunisie ou de France, la filière du «médicament cabas » arrange beaucoup de monde, pharmaciens et contrebandiers, seul dindon de la farce, le citoyen lambda qui se soumet à son pharmacie, ou à son médecin qui lui a prescrit ce médicament inexistant dans les étals des officines. «Etre pharmacien, une noble professions tombée dans les filets de l’informel. »
L’ASPO, une Association des Pharmaciens aux 4.000 adhérents couvrant 12.000 officines, réparties sur une trentaine de wilayas à travers le pays, première concernée par le phénomène, n’arrive pas à éradiquer ce phénomène du « médicament cabas » l’argument défendu par les membres de l’ASPO et il faut bien-sûr, trouver un bouc émissaire : «les citoyens recourent à ce genre de produits, c'est qu'il y a pénurie,» et les pharmaciens ne sont pas responsables et ne pratiquent pas ce genre de commerce. 388 produits pharmaceutiques ont été interdits à l'importation depuis 2009 et sans solution de rechange, les malades n'ont pas d'autre choix que de recourir au commerce illégal pour s'approvisionner. Quelle est la solution ? » La question est certes posée, mais aucune réponse n’est apportée à ce jour. 
Ce qui est certain, cette pratique est un réel danger pour la santé du consommateur, mais qu’à cela ne tienne, le peu d’empressement à régler définitivement cette honteuse situation pour notre pays confirme, que la santé du citoyen, n’est pas vraiment une priorité.
A Oran comme ailleurs, il suffit d’aller aux «bonnes » officines connues à travers la ville, pour passer commande d’un médicament qui n’existe pas dans la nomenclature nationale et votre commande est prise en charge, moyennant un prix assez élevé, et vous serez fourni dans la semaine. Une amère réalité qui a toujours cours au jour d’aujourd’hui.

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