lundi, 20 août 2018

Journée Mondiale de la lutte contre le travail des enfants Travail des enfants ou l’innocence brisée…

Publié dans Oran mardi, 12 juin 2018 16:07
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R.O

Pour la Journée Mondiale de la lutte contre le travail des enfants, coïncidant avec le 12 juin de chaque année, des déclarations contradictoires concernent le chiffre officiel du travail des enfants en Algérie. 
De son côté, Yataghène Mourad, directeur des relations professionnelles et du contrôle des conditions du travail estime que le travail des enfants en Algérie reste «insignifiant», en se basant sur le résultat des enquêtes menées par ses services, comme il l’a affirmé dans sa déclaration avant-hier, à l’APS. «Les enquêtes menées par les services de l`Inspection du Travail pour contrôler sur le terrain le respect des lois, avaient démontré que le travail des enfants en Algérie était marginal et reste insignifiant.» Il a ajouté que les chiffres qui lui sont parvenus ne sont pas alarmants, en précisant que l’enquête menée en mars 2018 par les services de l’Inspection du Travail a révélé le chiffre de 04 enfants de moins de 16 ans qui travaillent sur un ensemble de 81.068 travailleurs, exerçant dans 9.748 organismes dans le secteurs privé, toutes branches d’activités confondues. Ce qui correspond ainsi à un taux de 0,004%. Selon les déclarations du même responsable, la Commission nationale de prévention et de lutte contre le travail des enfants, créée en 2003, a un rôle très important pour lutter contre ce phénomène qui touche d’ailleurs toutes les villes algériennes. La ville d’Oran ne déroge pas à cette règle, et on voit à tous les coins de rues des enfants, les mains chargés de mouchoirs en papiers et de différents gadgets, tentant de vendre leurs marchandises aux conducteurs de voitures qui s’arrêtent aux feux rouges. L’Algérie est pourtant signataire de 05 conventions internationales, en rapport avec le travail des enfants, l’âge minimum et aux pires formes de travail des enfants. La législation algérienne a d’ailleurs, prévu des dispositions fermes, concernant l’âge minimal requis pour être admis à exercer un emploi.

Contradiction entre 
les chiffres officiels et la réalité

De l’autre côté, Mustapha Khiati, président de la Fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche (FOREM) a affirmé que les chiffres officiels relatifs au travail des enfants e Algérie ne correspondent pas à la réalité. Selon lui, ces chiffres ne comptent pas la catégorie des enfants, activant dans un cadre informel comme les rues et les marchés. Il suffit d’ailleurs, de faire un petit tour au marché de M’dina Jdida, pour parler du cas de la ville d’Oran, où on trouve des enfants, exerçant comme vendeurs à la sauvette, seuls ou exploités par des adultes. Mais, le cas d’Oran n’est pas le seul, car malheureusement, c’est un phénomène qui touche toutes les villes algériennes. Le président de FOREM et dans sa déclaration sur les chiffres officiels a précisé que "des statistiques réelles sur le travail des enfants au niveau national exigent obligatoirement une coordination avec toutes les composantes de la société civile", or ces chiffres, se limitent au seul champ des sociétés et entreprises soumises au contrôle prévu par la loi, alors que le cadre informel (marchés anarchiques, plages, fermes, chantiers, mendicité) constituent l'espace qui attirent le plus cette catégorie pour plusieurs raisons, dont la pauvreté et la déperdition scolaire, a-t-il ajouté .

3 à 4 appels de signalements de cas d’exploitation des enfants

A son tour, la déléguée nationale à la Protection de l’enfance, Meriem Chorfi a affirmé que l’Organe national de protection et de promotion de l’enfance reçoit chaque jour sur son numéro vert le (11-11) entre 03 à 04 appels de dénonciation et de de signalements de cas d’exploitation économique des enfants. Ces appels sont transférés par la suite au Service en Milieu Ouvert (SMO) du ministère de la Solidarité, qui après vérification et confirmation de l’information, lance un suivi de ces enfants en danger, en impliquant les familles et en les amenant à prendre des mesures adéquates avec des délais bien précis, afin de les éloigner du danger auxquels ils sont exposés en exerçant un travail. Les appels reçus quotidiennement par le numéro vert, ne correspondent pas ainsi, aux estimations des responsables qui qualifient le travail des enfants en Algérie comme étant « marginal». Toutefois, la loi prévoit de fermes sanctions à l’encontre de toute personne impliquée dans l’exploitation économique des enfants, conformément à l’article 139 qui stipule “est puni d’un emprisonnement d’un (01) an à trois (03) ans et d’une amende de 50.000 DA à 100.000 DA, quiconque exploite économiquement un enfant”. Meriem Chorfi a rappelé que « La peine est portée au double, lorsque l’auteur de l’infraction est ascendant de l’enfant, ou le responsable de sa sauvegarde.» Elle a également souligné le fait qu’un enfant qui travaille ne pourra pas poursuivre normalement sa scolarité, pour ajouter qu’il s’agit de notre devoir à tous de lutter contre l’exploitation économique des enfants, en adhérant à la dénonciation des cas d’exploitation, et juge que « c’est la responsabilité de toute la société.»

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