Jalil M.

En repli depuis la chute du régime de Bouteflika, le parti au pouvoir, le Front de Libération Nationale (FLN) tente de se refaire une santé. A la veille du référendum sur la révision de la constitution prévu le 1er novembre prochain, les militants de l’ex-parti unique à Oran, se mobilisent dans les salles obscures pour définir d’ores et déjà leurs représentants lors des prochaines législatives qui suivront le référendum. Ces législatives qui sont réputées par la politique de la « Chkara », cet argent sale qui propulse certaines personnes au détriment d’autres. Selon des sources bien informées, la guerre bat son plein derrière les travées de la Mouhafadha d’Oran, qui est d’ailleurs la seule qui active dans la wilaya d’Oran, preuve en les rencontres organisées par le Mouhafedh à travers les Kassemates pour rallier les troupes.
On parle par ci par là de liste en cours d’élaboration composées de personnalités qui vont être placées « têtes de listes » et des anciens militants qui essaient de faire leur come-back sur la scène politique. La base partisane du FLN, en replis, se classe en observateur mais s’exprime sous des pseudos sur les réseaux sociaux où une guerre virtuelle est lancée, des dossiers chauds et des révélations sur les biens mal acquis sont exposés et relayés. Chacun tente de brûler les cartes de son adversaire, brouiller les pistes pour atteindre son but et endosser le costume de l’élu à l’APW ou du député à l’APN.
Ces manœuvres précèdent la visite du secrétaire général du FLN Baâdji Abou El Fadl qui est attendu durant les prochains jours pour booster ses troupes et leur donné les orientations de la centrale pour les préparatifs aux prochaines échéances électorales. Une mission qui est loin d’être facile, surtout avec le recul que le vieux parti a pris, depuis l’enclenchement du Hirak du 22 février 2019 et l’inculpation de ses dirigeants éclaboussés dans des affaires de corruption. Tout cela s’ajoute à la pression populaire qui appelle à ce que le FLN soit digne de son statut de parti emblématique du pays et ne pas le souiller à des affaires de mafia et de règlement de compte.
De leur côté, les partisans du Rassemblement Nationale Démocratique (RND), l’autre parti de l’alliance présidentielle sous l’ère Bouteflika, subit le même sort que le FLN, avec des dirigeants incarcérés ou qui font l’objet d’enquêtes, le RND essaie de se remettre sur pieds et refaire une place dans la scène politique. Mais à l’intérieur du parti, rien ne va, la base militante qui était exclue demande des comptes et veut se débarrasser de décideurs du parti au niveau de la wilaya. Pas question selon les partisans du RND de se laisser faire et de continuer à se faire écraser par les régionalistes et les adeptes de la chkara.
Selon tous les observateurs, après l’adoption de la révision de la constitution, les prochaines législatives sonneront un nouveau départ pour la majorité parlementaire. Sous la houlette de l’autorité de Mohamed Chorfi, les scènes de fraude qui font le tour des réseaux sociaux à chaque élection, ne seront pas possible cette année, puisque c’est l’ANIE qui a pris les rênes, justement pour empêcher cette mascarade. Chose qui a été confirmé lors de la dernière présidentielle, où aucun cas de fraude n’a été signalé. Il faut dire que lors des dernières échéances des législatives, des ordres étaient donnés pour favoriser les partis de l’alliance notamment le FLN et le RND, désormais ces agissements sont révolus et seules les urnes trancheront.