Boualem. Belhadri

Le village socialiste Essaâida, dans la commune d’oued Sabbah (45 km au sud-est d’Ain Temouchent) a connu plusieurs pas en arrière après sa réalisation, dans les années 80 du siècle dernier.

Aujourd’hui les habitants vivent une précarité étreignant et amoindrissant le rôle que jouait ce village par le passé, un fleuron de la révolution agraire qui possédait de grandes superficies de terres arables destinées à la multiplication des semences céréalières du terroir.Toute l’armature centrale qui donnait sa fierté et sa notoriété a été transformée au fil des ans. Et les grands terriens, à force de voir la situation se dégrader rapidement au vu et au su des responsables, ont préféré vendre tout ce qu’ils avaient comme héritage, biens et bétail et se replier en direction des villes d’importance telles que Ain El Arbaa (chef-lieu de daira) et Hammam Bou Hadjar, des cités où ils ont pu construire et investir dans le commerce. Les dix dernières années, la nouvelle génération, celle des 20 à 45 ans, ne pouvait pas rester sans bouger. La léthargie handicapant, d’une part, et l’insouciance flagrante de tous ceux, parmi les responsables locaux, qui ont par le passé juré de faire quelque chose pour le douar, d’autre part, ont avili la population laissée au compte de l’amertume et l’angoisse. De la RN 108 au niveau d’Oued Sabbah, un chemin communal exigu nécessitant des aménagements, çà et là, se faufile lentement et se perd, dirait-on, dans l’immense plaine de M’Leta, devenue, durant les deux dernières décennies, en plus de sa vocation céréalière, un bassin laitier et avicole par excellence. Les toutes dernières années, la protesta villageoise a contaminé les habitants du village socialiste Essaâida. Des écrits parvenaient aux maires, au chef de dairas d’Ain El Arbaa, aux walis et certains ont pris la direction des services centraux de plusieurs ministères et d’autres départements clés. La nouvelle ère est venue avec un nouveau programme portant développement des zones d’ombre, à l’échelle nationale. Les responsables dûment habilités de la wilaya d’Ain Temouchent avaient arrêté la liste de plusieurs dizaines de sites, une étude faite par une commission de la wilaya en étroite collaboration avec les élus locaux et des représentants des services relevant des directions techniques figurant dans les textes régissant les zones d’ombre. Le village socialiste d’Essaâida fait partie du premier jet des sites eu égard à la situation qui y prévaut dans plusieurs domaines d’activités.
Aussi la première dame de la wilaya, OuinezLabiba, avait, accompagnée d’une délégation de responsables, visité ce village, il y a quelques jours. Sa rencontre avec les citoyens de la localité lui a permis à connaitre l’ensemble des problèmes qui les préoccupent en premier. En réponse à ces interrogations,la wali avait laissé entendre à l’endroit des habitants qu’elle allait prendre en charge, les points soulevés, au titre de la caisse de solidarité et de garantie des collectivités locales. Elle dira aussi que la situation actuelle connaît une phase avancée dans l’aboutissement des mesures administratives.