J.M

Depuis la création des centres de tri des déchets, la situation s’est améliorée, mais un grand travail reste à accomplir, notamment le défi d’inculquer la bonne habitude du tri des déchets domestiques de chaque foyer. Nos déchets qui se composent essentiellement de carton, métal, PMC, verre, plastique et produits frais. D’année en année, la wilaya parvient à améliorer son taux de recyclage, grâce aux efforts des collectes destinées aux 3 centres de la wilaya, en l’occurrence Hassi Bounif, El Ançor et Arzew. Ce secteur ô combien fructueux, draine des revenus colossaux à certains pays qui ont adopté ce procédé pour se débarrasser des déchets quotidiens tout en gagnant de l’argent.

En Algérie, et à Oran, la wilaya pilote dans ce créneau, les données sur les gains générés par la récupération informelle des déchets sont méconnues et l’organisation de ce secteur, ayant longtemps échappé au fisc, se heurte aux pressions de certaines personnes qui n’acceptent pas une nouvelle situation, et veulent garder le monopole sur les transactions.
Selon les dernières statistiques, plus d’un million de bouteilles en PET (plastique transparent) sont jetées chaque jour dans les poubelles à Oran, ce qui correspond à une valeur d’un million de DA, a indiqué la directrice de l’EPIC de gestion des centres d’enfouissement technique de la wilaya d’Oran «EPIC CET Oran». L’EPIC, qui gère les trois CET de la wilaya implantés à Hassi Bounif, El Ançor et Azrew, arrive à récupérer 700.000 bouteilles par jour, qu’elle trie sur le brut des déchets ménagers acheminés vers ces centres, alors que le reste est enfoui avec les ordures, a fait savoir Dalila Chellal. Même si ce PET récupéré sur le brut trouve des acheteurs, il perd jusqu’à 70% de sa valeur à cause de la saleté, a-t-elle regretté, ajoutant que l’EPIC CET essaie de trouver des mécanismes de tri à la source, comme aux centres de tri de proximité qui ont donné de bons résultats.
Cette institution avait commencé par un centre de tri de proximité à hai «Medina Jdida» (Ville nouvelle), pour récupérer les déchets valorisables du grand marché de ce quartier, notamment le carton, a-t-elle rappelé, soulignant que l’expérience est «une réussite», ce qui a poussé les services de la wilaya à penser à doter chaque daïra de ce genre de centre. «Nous essayons de trouver des terrains pour implanter ces centres dans chaque daïra», a déclaré pour sa part, la directrice locale de l’Environnement, Mme Samira Dahou, annonçant que la daïra d’Ain Turck sera la prochaine à abriter un tel centre, sachant qu’il s’agit d’une zone touristique qui draine des milliers de touristes chaque année. L’EPIC CET, qui a lancé avec la propagation du coronavirus l’opération «Donne des bouteilles, tu auras un masque de protection», compte développer le concept, offrant des contreparties symboliques à des personnes qui ramènent leurs bouteilles en plastique aux centres de tri de proximité. Depuis le lancement de l’opération, il y a un mois et demi, les citoyens ont apporté plus de 120.000 bouteilles au centre de tri de Medina Jdida, ce qui laisse les initiateurs de l’action optimistes quant à l’avenir du tri sélectif à la source. «Cette action a révélé le côté écologique de centaines de citoyens qui viennent apporter leurs déchets, ce qui nous encourage dans notre démarche de continuer dans ce genre d’opération, où le citoyen et l’EPIC CET sont tous les deux gagnants», a encore souligné Dalila Chellal.
Plus de 530.000 tonnes/an de déchets domestiques sont enregistrés dans la wilaya d’Oran avec une prévision d’atteindre 930.000 t/an à l’horizon 2035. Pour rappel, la wilaya d’Oran dispose de trois centres d’enfouissement technique des déchets à Hassi Bounif qui traite 1200 t par an d’ordures, à El Ançor (100 t) et à Arzew (150 t/an).