Jalil Mehnane

La loi de finances 2020 a apporté plusieurs nouvelles taxes notamment sur les produits industriels, et le secteur de l’électroménager a été l’un des plus touchés, avec des augmentations allant jusqu’à 40%. Cet impôt concerne les produits électroménagers énergivores qui fonctionnent à l’électricité, tels que les machines à laver, les fers à repasser, les réfrigérateurs, les fours ou les chauffages électriques.

Ces mesures ont entrainé une augmentation des prix des produits en ce début d’année. Mais le plus surprenant est que les grands producteurs du créneau ont procédé dès le 1er janvier dernier à l’augmentation au niveau de leurs showroom, ce qui s’est reflété directement sur le prix du détail à travers les marchés d’El Hassi et El Morchid entre autres.Selon les observateurs, cette augmentation n’est en aucun cas tolérée, puisque les nouvelles taxes ont touché les pièces de rechange au niveau des usines durant l’année 2020, alors que les géants de l’électroménager ont procédé à l’augmentation des prix des produits de 2019 qui étaient en stock.
« Je n’ai pas le choix, mon fournisseur m’a vendu la marchandise avec des prix élevés que le mois passé, alors que c’est le même stockage, ma marge de bénéfices aurait été très réduite ou quasi-nulle, si j’avais laissé les mêmes prix, du coup, j’ai révisé tous les prix dans mon magasin » dira un commerçants spécialisés dans les produits électroménagers. Chez les Showroom des grandes marques « Made In Algeria » on affirme que les prix ont été augmentés dès le début de l’année, sans expliquer les raisons d’une telle décision, qui est, il faut le dire, illégale. «Les services de la direction du Commerce et le contrôle des prix aurait dû inspecter ces magasins et ces usines qui ont arnaqué les Algériens en leur vendant des produits plus chers, alors qu’ils n’ont pas été touché par les nouvelles taxes de 2020 » nous dira un client.
Un responsable dans l’un des magasins représentant une grande marque locale, nous dira à ce propos : « Il ne faut pas donner plus d’ampleur à cette augmentation, qui n’est pas très grande, des taxes nous ont été imposées, du coup, l’augmentation est tout à fait légitime, pour que l’usine survive, et avec elle les milliers de postes d’emploi directs et indirects engagés » dira notre interlocuteur. Et d’ajouter « N’oubliez pas que les produits électroménagers en Algérie sont les moins chers dans le monde arabe et en Afrique, allez chez nos voisins marocains, ou même en Egypte pour voir la différence dans la qualité et dans les prix » conclura-t-il.

Le client n’est plus roi

Entre la légitimité des fabricants et les la marge de bénéficies des détaillants, le client devra abdiquer et acheter avec des prix plus élevés, lui qui est toujours le dindon de la farce, en attendant une augmentation dans le salaire minimum garanti (SNMG) qui lui assurera un meilleur pouvoir d’achat.
En effet, l’éco- fiscalité a connu des augmentations dans le cadre de la loi de finances 2020.
Ces augmentations touchent la taxe sur les activités polluantes ou dangereuses pour l’environnement, la taxe d’incitation au déstockage des déchets industriels, la taxe complémentaire sur la pollution atmosphérique d’origine industrielle, la taxe complémentaire sur les eaux usées, la taxe sur les huiles lubrifiantes ainsi que la taxe spécifique sur les sacs en plastique.
La taxe additionnelle sur les produits tabagiques est à son tour augmentée pour être portée de 11DA à 22 DA par paquet.
La taxe d’efficacité énergétique pour les produits fabriqués localement et les produits importés est pour sa part réaménagée, alors que les produits à très forte consommation en électricité (classe D à G) seront autorisés à l’importation, mais fortement taxés (40%).