Boualem. Belhadri

La céréaliculture a l’irriguée connait un regain d’intérêt assez timide, pour le peu que l’on puisse dire, dans la wilaya d’Ain Témouchent, nonobstant les grands efforts déployés par l’Etat dans la mise en œuvre de programmes avantageux avec beaucoup d’encouragements et d’avantages en faveur des fellahs qui possèdent des ressources hydriques propres (puits, forages) ou ceux dont les terres se trouvent à proximité des ouvrages de stockage d’eau de surface ( petits barrages, lagunes, stations d’épuration, retenues collinaires).

Cependant il est à remarquer que les terres, situées en avants ou en aval de ces ouvrages de retenues d’eaux conventionnelles ou non conventionnelles, sont beaucoup plus cultivées par des cultures saisonnières  à cycle végétatif court telle que les pastèques, la pomme de terre, la carotte, le navet, la betterave, le melon, l’oignon, l’artichaut, l’aubergine… La céréaliculture reste à la traine et ceux qui en irriguent utilisent le plus souvent les puits et les forages pour l’irrigation d’appoint après une cessation de pluie de plusieurs semaines durant l’hiver ou le printemps quand la céréale est en phase de tallage ou en période d’épiaison.  Oui ces jours-ci la situation du cycle végétatif des céréales était dans un état critique dû au manque de pluie et aux affres de la gelée noire qui a commencé à sévir depuis 12e jour du mois de Joumadaaouel 1440 qui coïncide avec le mardi passé, le 07 janvier 2020. Les services de la direction de l’agriculture, de la wilaya d’Ain Témouchent, aurait conseillé les fellahs disposant des ressources hydriques propres ou ceux disposant des kit d’arrosage et se trouvant non loin d’un point d’eau tels que cités plus haut, de procéder à l’irrigation d’appoint des céréales notamment dans les zones gélives nécessitant de l’eau dans l’immédiat pour éviter l’échaudage du feuillage sous l’effet de la gelée noire.  Seules les cultures sous serres étaient en quelque sorte à l’abri des attaques de la gelée noire qui commençait à donner des signes avertisseurs au niveau des régions de l’intérieur autres que celles situées sur la bande littorale. Parfois les températures nocturnes ont atteint des seuils de -04 et -02 degrés Celsius, un fait qui a ralenti la croissance de la végétation, toutes espèces confondues. Les premiers à vouloir utiliser l’irrigation d’appoint dans la wilaya d’Ain Témouchent sont les agriculteurs d’Ain Témouchent, OuledTaoui, OuledBoudjemaa, Hammam Bou Hadjar, Ain El Kihel, Terga, El Amria, Aghlal…  Aussi le docteur Hannachi Abdelhakim, département    des sciences agronomiques, à l’université du 20 août 1955 de Skikda reconnait « qu’en Algérie, la présence de normes de rejet spécifiques à la réutilisation des eaux usées en agriculture (Décret exécutif n° 93-160 du 10 juillet 1993 et décret exécutif n° 06-141 du 19 avril 2006) ainsi que la présence de textes réglementaires fixant la modalité de réutilisation des eaux usées et la liste des cultures et les conditions de leur irrigation par les eaux usées épurées (Décret exécutif nº 07-149 du 20 mai 2007 et l’arrêté interministériel du 2 janvier 2012) constituent une promotion de projets de réutilisation des eaux usées épurées. Les dirigeants, publics et privés, ont des décisions à prendre en matière de réutilisation des eaux usées en agriculture. Ils sont confrontés à la nécessité d’exploiter des quantités en augmentation, afin de répondre à des demandes toujours plus grandes. La gestion intégrée des eaux usées épurées en Algérie, désormais institutionnellement reconnue comme un modèle de partenariat public-privée, est la meilleure approche pour une mise en valeur et une gestion efficace et durable des eaux usées épurées, face à des demandes en eau en augmentation ».  Ainsi l’arrêté interministériel du 02 janvier 2012 a identifié et classé les cultures et arbres fruitiers pouvant être irrigués par les eaux usées épurées. Le classement a été fait selon des groupes de cultures tels que les arbres fruitiers, les agrumes, les cultures fourragères,  les cultures industrielles, les cultures céréalières, les cultures de production de semences, arbustes fourragers et plantes florales à sécher ou à usage industriel. Cependant il est vivement conseillé que l’irrigation est permise à condition que l’on cesse l’irrigation au moins deux semaines avant la récolte. Les fruits tombés au sol sont à détruire et le pâturage direct dans les parcelles irriguées par les eaux usées épurées est interdit pour éviter toute contamination du cheptel.