Boualem. Belhadri

Le bazar que l’on voit à perte de vue, à Ain Temouchent, tout le long du boulevard du 1er novembre d’Ain Temouchent et autour des marchés couvert de Hammam Bou Hadjar et de Benisaf, n’est pas celui des quelques jours qui précèdent l’Aïd Seghir après un mois de carême bien rempli. Non. Il s’agit de celui en rapport avec des préparatifs de la fête du nouvel an Amazigh 2970. Il est plus usuel, dans le nord de l’Afrique et dans la wilaya d’Ain Temouchent de le fêter sous l’appellation « Yennayer » un vocable qui au fil des ans se transforme en celui de « Ennayer », un diminutif très utilisé et simple à le prononcer selon les coutumes des uns et des autres. Ce jour coïncide, dans la région d’Ain Temouchent, avec le 12 janvier de chaque année. C’est plutôt la veille du douzième jour que beaucoup de  familles fêtent le nouvel an Amazigh. La caractéristique de cette fiesta, parfois mondaine  certes mais véhiculée tout bonnement, d’une génération à une autre, réside en la manière de préparer et de fêter le rendez-vous annuel à tel point qu’il existe des spécificités distinctives qui apportent des touches à valeur ajoutée donnant à l’aspect général des nouveautés tant aimées par les enfants et les jeunes mamans qui ne cherchent que ça. Toutes les plantes de la nature qui présentent des goûts appropriés pour préparer des soupes, des salades, des mets, des fruits sont présentées sur les étalages des marchés. Mais aussi on constate que le bazar d’Ain Temouchent attire de grandes foules. Certaines boutiques se sont transformées carrément en magasin de vente de produits multiples pour les enfants et des fruits secs et exotiques.  C’est le cas des amandes, noix de cajou ou noisettes. Il existe deux types de fruits secs : les fruits naturellement secs dit oléagineux ou fruits à coque (amande, cacahuète, noisette, noix, etc.) et les fruits déshydratés (abricot, figue, datte, ananas, raisin, etc.) Ceux qui ne font pas grossir sont  les pommes (faciles à transporter et à conserver), les bananes, purée d’amandes, amande, noisette noix de cajou et fruits séchés (figue, le raisin). La célébration de Yennayer, le nouvel an Amazigh, est commune aux peuples d’Afrique du Nord, citent de nombreux ouvrages académiques. C’est une fête culturelle qui donne lieu à des réjouissances familiales et le partage de repas traditionnels copieux. Elle est aussi l’occasion pour les populations du Maghreb de vivre leur attachement à l’authenticité du patrimoine ancestral et millénaire de l’Algérie. Les encyclopédies qui racontent l’histoire disent « qu’à l’origine, le choix du 12 janvier pour fêter Yennayer remonte à 1968, année où l’Académie berbère a proposé de créer une «ère berbère» et a fixé comme «an zéro» du calendrier berbère, au temps de l’Egypte ancienne, lorsque le roi numide Chechonq 1er (Chacnaq), fondateur de la 22e dynastie égyptienne, prit le trône et devint pharaon en Egypte. Les régions fêtent ce jour en organisant des repas festifs différents les uns des autres mais ayant le même objectif : démarrer l’année avec l’idée qu’elle sera «féconde» et porteuse de bons augures. D’ailleurs, dans toutes les régions où on le célèbre, Yennayer correspond aux activités agraires et aux cycles des saisons. On raconte que dans certaines régions du pays « le mois de Yennayer est marqué par le retour sur terre de choses féeriques porteuses de la force de fécondité. Durant la fête, disent des anecdotes, les femmes ne doivent pas porter de ceinture, symbole de fécondité. Accompagnés de leur mamans les enfants, tous gais savourent goulûment ces moments de fête de Yennayer.