R.L

Une large campagne de proximité sera lancée prochainement pour sensibiliser la population locale sur le moustique tigre et l’initier aux mesures de prévention afin de se prémunir contre les nuisances de cet insecte qui a proliféré dans les régions côtières ces dernières semaines, a-t-on appris d’un responsable à la DSP.
Cette campagne a été lancée avec l’ensemble des services concernés dont les directions des ressources en eau, des services agricoles, des affaires religieuses de l’éducation nationale, des bureaux d’hygiène communaux, du mouvement associatif et des comités de villages, afin de sensibiliser les populations sur les mesures de préventions à observer, a affirmé le biologiste et chef de service à la DSP, Dr. Oulamara Idir.La veille, deux spécimens de moustiques tigres ont été capturés, par des citoyens, qui les ont remis à l’établissement public de santé de proximité (EPSP), selon M. Oulamara.Cette espèce de moustiques est notamment reconnaissable aux rayures noires et blanches sur le thorax et les pattes, (leurs ailes noires et leur taille généralement inférieure à celle du moustique commun).Le moustique tigre prolifère dans l’eau propre qu’il choisit pour pondre ses œufs, d’ailleurs il aime l’eau de pluie, pour se reproduire. « Si on laisse deux gouttes dans une bouteille d’eau minérale après l’avoir consommée, celle-ci peut constituer un foyer à cet insecte pour proliférer », a mis en garde ce même responsable, qui a invité les citoyens à observer rigoureusement ces gestes.Pour éviter la prolifération de ce moustique qui peut transmettre des virus de trois maladies très dangereuses qui sont le Chikungunya (apparue à Marseille, France en 2015), la Dengue (signalée ces dernièrement en Egypte) et le Zika, les citoyens doivent observer certains gestes dont le plus important et de « sécher tout », a insisté Dr. Oulamara qui a expliqué qu’ »il ne faut pas laisser de l’eau dans un contenant (vases, pots, sous-pots, bassines, plats, bidons, gouttières, toits, piscines) sans le couvrir que ce soit à l’intérieur des maisons ou ailleurs ».Il a ajouté que les communes doivent procéder à la démoustication à base de Deltamethrine qui est un insecticide très puissant et efficace contre le moustique tigre qui aime l’humidité et qui prolifère généralement dans les villes côtières. Les citoyens peuvent aussi utiliser des moustiquaires et des produits anti-moustique en vente dans les commerces.Les premières captures de moustiques tigres en Algérie ont été faites dans les wilayas d’Oran et de Tizi-Ouzou plus précisément, en juin 2010 et de manière accidentelle, a rappelé le biologiste. C’était lors d’un travail avec l’équipe du Pr. Bitam de l’institut Pasteur dans le cadre d’une recherche entomologique.

Le moustique tigre ne constitue pas un danger pour la santé publique selon le ministère de la santé

Le Directeur de la prévention au ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Dr. Djamel Fourar, a affirmé, que le moustique tigre « ne constituait pas un danger pour la santé publique, si ce n’est quelques désagréments se manifestant par des démangeaisons et apparition de cloques ».S’exprimant en marge de la Journée de sensibilisation sur « le moustique tigre » organisée, au profit du public, par le ministère de la Santé, en coordination avec l’Institut Pasteur, l’Etablissement d’hygiène urbaine et de protection de l’environnement de la wilaya d’Alger (ex Hurbal) et le Bureau d’hygiène de la commune de Kouba (placette de l’APC), Dr. Fourar a précisé que  » le moustique tigre qui a envahi, au cours des dernières semaines, certaines wilayas côtières ne constituait pas un danger pour la santé publique, si ce n’est quelques désagréments se manifestant par des démangeaisons, apparition de cloques et des allergiques cutanées ».Les piqûres de moustique tigre « n’ont entraîné, jusqu’à présent, aucun symptôme de virus dangereux enregistrés, en particulier, dans les régions d’Asie du sud-est , tels que le chikungunya et la dengue », a rassuré Dr Fourar à l’adresse du citoyen.Pour le Directeur général de la prévention, cette journée de sensibilisation vise à  » fournir quelques conseils aux citoyens sur les gestes à adopter face aux nuisances de cet insecte, notamment des mesures préventives à travers l’élimination des points d’eau stagnante qui pourraient favoriser sa reproduction ».Il a estimé, en outre, que « la lutte contre cet insecte qui s’est propagé, au cours des dernières années, depuis la région d’Asie du sud-est (sa zone endémique), dans plusieurs pays, notamment du bassin méditerranéen, exigeait la conjugaison des efforts de plusieurs secteurs, à l’instar des ministères de la Communication, de l’Agriculture et de la Santé ».Dr. Fourar a invité les citoyens victimes de piqûres et présentant des symptômes d’allergie et des cloques à se présenter aux centres de santé de proximité, en vue d’y recevoir les soins.De son côté, le directeur général de l’Institut Pasteur d’Algérie, Dr. Zoubir Harrat, a indiqué que cette journée de sensibilisation vise à faire connaître aux citoyens les dispositions à prendre pour contribuer à la prévention et à la lutte contre la prolifération du moustique tigre mais aussi les mesures à prendre en cas de piqûres, notamment après les nombreux appels téléphoniques reçus par l’Institut de citoyens se plaignant de ce moustique et en quête de conseils.Concernant les moyens de prévention contre le moustique tigre, Dr. Harrat préconise d’éliminer les eaux stagnantes qui favorisent la reproduction du moustique autour des domiciles, de supprimer les pneus usagers et tout autre objet pouvant contenir de l’eau, changer l’eau des vases régulièrement et couvrir les récipients et autres réceptacles d’eau.
La prolifération du moustique tigre qui pique principalement à l’aube et au crépuscule a été favorisée par les fortes pluies qu’ont connues certaines régions du pays et la hausse des températures, a-t-il expliqué.Pour sa part, la responsable du service de lutte contre les zoonoses et les maladies vectorielles à l’Etablissement de l’hygiène urbaine et de la protection de l’environnement de la wilaya d’Alger, Salima Cheikh, a mis en avant le rôle de son établissement dans la lutte contre le moustique tigre à travers ses opérations de fumigation mais aussi en matière de sensibilisation des citoyens à la nécessité impérieuse d’éliminer les points d’eau stagnante pour éviter la prolifération de cet insecte dont la présence est inhabituelle en Algérie.