« Un appel aux oranais, pour une mobilisation autour de l’organisation de la présidentielle »

Noureddine Djellouli, membre du conseil consultatif des sages de l’instance nationale pour le dialogue et la médiation

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Z. M

Dans un entretien qu’il nous a accordé dans la permanence ouverte rue Lamartine au centre-ville d’Oran, depuis le 28 aout dernier, M Noureddine Djellouli, membre du conseil consultatif des sages de l’instance nationale pour le dialogue et la médiation, nous donnera son impression suite aux rencontres des membres de la permanence avec différentes franges de la société civile oranaise et même de la région ouest.

Cap Ouest : Lorsque les oranais ont appris que Djellouli est membre de l’instance nationale pour le dialogue et qu’il en est aussi le coordinateur du bureau de la permanence à Oran, ce fut le choc pour bon nombre de personnes, comment expliquez-vous votre nouvelle apparition publique ?
Djellouli Noureddine : Moi-même je me pose la question, je pense que dans mon choix il n’ y a aucun esprit de revanche. J’ai été désigné comme membre de l’instance nationale au conseil consultatif des sages de l’instance nationale pour le dialogue et la médiation, j’ai répondu favorablement. Pour ce qui est du bureau de la permanence, il a été ouvert suite à ma proposition, dans le but de se rapprocher de la société civile et des citoyens, d’être encore plus efficace, dans notre mission de dialogue puisque c’était le premier objectif du conseil consultatif.

Cap Ouest : comment le conseil consultatif est arrivé à se positionner pour la tenue des élections présidentielles ?
Djellouli Noureddine : Lorsque les forces de l’alternative démocratique ont refusé tout dialogue et tout contact avec l’instance on n’avait pas d’autres choix que de se positionner pour les présidentielle.
Je vous explique, Afin de préserver le coté pacifique du mouvement populaire ou Hirak et dépasser la période blocage, il fallait nécessairement attendre cette étape de décantation et poursuivre pour arriver à la phase du dialogue et de la médiation.
En fait, deux pôles ont émergé depuis le mouvement populaire né, le 22 février, les forces du changement et l’alternative démocratique, dont les visions pour un règlement de la crise, s’opposent.
Les forces du changement privilégiant, des élections présidentielle pour remettre le pays dans le rail de la légalité alors que les acteurs formant les forces de l’alternative démocratique, optent pour une période de transition, en affirmant que les revendications pour un changement vers un Etat de droit impliquent la nécessité d’entrer dans une période de transition démocratique pour gérer l’Etat dans une nouvelle logique à travers un processus constitutif exprimant les aspirations du peuple algérien.
Si les forces démocratiques, avaient accepté le dialogue, on aurait trouvé une solution médiane, un compromis pour arriver à une solution.

Cap Ouest : Le bureau de permanence l’instance nationale pour le dialogue et la médiation, est le seul au niveau national, son ouverture a été entourée de démêlés, avez-vous pu accomplir votre mission auprès de la population oranaise ?
Djellouli Noureddine : Le bureau de permanence est resté ouvert, en toute démocratie, d’ailleurs nous avons reçu beaucoup de monde a qui nous avons expliqué notre vision, je vous assure qu’ils ont adhéré.
Nous avons reçu la visite de l’organisation de lutte contre la corruption, l’académie des femmes algériennes, de nombreux opérateurs économiques, dont ceux affiliés à la chambre de commerce et d’industrie d’Oran, les adhérents de l’union générale des commerçants et artisans algériens(UGCAA), l’ordre des architectes et les membres de la chambre des notaires ainsi que des figures du mouvement sportifs et les comités de supporters du MC Oran et de l’ASM Oran et bien d’autres acteurs de la société dont des artistes, le bureau de wilaya de l’UGTA et le barrot d’Oran ainsi que deux associations de la wilaya de Relizane notamment de Tlemcen et de Mostaganem.

Cap Ouest : comment évaluez-vous, ces rencontres avec la société civile ?
Djellouli Noureddine : je suis très satisfait des rencontres avec les différentes parties de la société civile. J’ai constaté un engouement surprenant démontrant une volonté générale de sortir de cette crise et d’aller au plus vite vers des élections présidentielles qui se dessinent pour cette fin d’année. Il existe une forte adhésion des algériens, à l’option de l’élection présidentielle comme un préalable pour remettre le pays sur rail.

Cap Ouest : quelles sont les propositions formulées par les parties reçues au bureau de la permanence dont vous êtes le coordinateur ?
Djellouli Noureddine : Toutes les parties qui ont pris part au dialogue, estiment nécessaire d’aller vers l’élection du président de la République, dans le cadre de l’actuelle Constitution, et dans les délais les plus brefs possibles, tout en veillant à concrétiser les conditions et les mécanismes politiques et juridiques garantissant la régularité, la transparence et l’impartialité que le peuple revendique depuis longtemps.
Ils ont appelé à instaurer un climat d’apaisement, notamment la libération des détenus du Hirak, la protection des entreprises privées dont les gestionnaires font l’objet de poursuites judiciaires, et ce, par souci de préserver l’économie nationale, les emplois, ainsi que le départ du Gouvernement actuel, produit du système rejeté par l’ensemble de la société. Ces revendications ont été transmises au conseil national.

Cap Ouest : Pensez-vous qu’ils y a assez de garantie pour un scrutin transparent dont le résultat ne pourra être contesté par personne ?
Djellouli Noureddine : Je pense que les deux projets de loi, proposés par l’instance de dialogue et de médiation et adoptés par le conseil des ministres donnent les garanties suffisantes et nécessaires pour que le prochain scrutin soit transparent, que le Président de la République qui sortira par les urnes sera légitime et pourra engager toutes les reformes dont a besoin l’Algérie, c’est après l’élection du nouveau Président que la transition démocratique commencera. Le chantier sera tellement lourd d’abord l’héritage de 20 ans, et si lourd, que les cinq années à venir, vont à peine suffire pour la construction d’une Algérie nouvelle.
Les citoyens peuvent être assurés que leur voix ira au candidat de leur choix. Je lance un appel aux citoyennes et citoyens oranais, pour une mobilisation autour de l’organisation du scrutin pour la présidentielle.