Z.M

Depuis des décennies, Oran, ses communes comme ailleurs à travers toutes les wilayas du pays, la dilapidation après détournement du foncier qu’il soit agricole ou à vocation industriel, a été laissé aux mains de prédateurs, qui ne se sont pas gênés pour s’accaparer de parcelles de terrains le plus souvent d’utilité publique. Mais rien n‘aurait été possible sans la complicité de fonctionnaires au sein des administrations locales.
Le cas le plus édifiant, étant celui de la corniche oranaise, ou toutes les affaires mettant en cause des maires des communes du littoral, avaient trait au détournement des assiettes foncières. A une époque, nous avions énumérés plus de 13 maires et leurs intérims qui étaient poursuivis en justice pour des affaires similaires ou encore celles ayant traits, aux passations de marchés ans respect de la réglementation en vigueur.
Dans ce contexte, l’expert en agronomie, M Fouad Chehat, est revenu sur cette malencontreuse situation survenue à travers plusieurs wilayas du pays. Il en fera part lors de son passage sur les ondes de la radio nationale.
«Beaucoup de terres ont été déclassées. Ça peut être le fait de l’Etat qui les destine aux logements sociaux par exemple, mais c’est souvent le fait de particuliers qui les détournent tout simplement», a dénoncé l’expert en agronomie, Fouad Chehat, tout en plaidant en faveur d’enquêtes pour établir la vérité sur ce phénomène qui condamne la société algérienne à la dépendance.
S’exprimant dans l’émission de la radio national, M. Chehat est revenu sur la gestion du foncier agricole et sur les politiques responsables de cette dilapidation. Selon lui, le détournement des terres agricoles a commencé avec «la promulgation de la loi de 1983 qui accorde des concessions agricoles pour devenir ensuite des propriétés privées». Cette démarche, analyse l’invité de la rédaction, a complètement désorienté la propriété terrienne en Algérie. «A partir de ce moment-là, note-t-il, beaucoup de terres ont été données à des personnes qui se présentaient comme des investisseurs qui ne dépensais rien mais prenaient la terre et d’autres sont attribuées à des citadins sans connaissances en agriculture et dépourvus de moyens».

«Le cas d’EL Bayadh est symptomatique»

Pour étayer ces propos, M. Chehat cite le scandale d’El Bayadh concernant «l’attribution de vastes superficies à patron spécialisés dans les travaux public». Loin d’être un cas isolé, cette révélation est «symptomatique» de la politique agricole nationale, estime-t-il.
M. Chehat a dénoncé un comportement des investisseurs semblable à celui des colons. «Dans l’imaginaire de Algériens aisés financièrement y’a une volonté de faire comme les colons et avoir des fermes et des chevaux…». Cependant, rappelle-t-il, le moteur le plus important est l’intérêt. «Les porteurs de capitaux savent quand on investit dans la terre on ne perd rien», explique-t-il, en précisant qu’en dépit des pertes d’investissements sur la production, une terre acquise gratuitement reste un capital qui prend de plus en plus de la valeur.