Boualem. Belhadri

L’installation du professeur A. Ziadi, à la tête du centre universitaire Belhadj Bouchaib (CUBBAT), à la place du professeur M. Bouzit appelé à rejoindre son poste en sa qualité d’enseignant à l’université d’Oran, a été faite alors que tous les départements et instituts étaient en plein opération d’inscription des nouveaux bacheliers, édition 2018-2019. Il a été attentif à notre invitation en vue de nous décrire le déroulement de cette opération et nous faire part de ses projets futurs dans le but d’améliorer la situation et de marquer sa présence, encore fraîchement mise en route, par des projets qu’il compte lancer dès cette année. C’est ce mercredi 14 août 2019, qu’on a eu l’honneur de le rencontrer à son bureau aux environs de 9h20mn. D’emblée, il dira « que les préparatifs de la rentrée universitaire 2019-2020 vont bon train et qu’à l’heure où l’on met sous presse, il a été enregistré 2244 étudiants nouveaux sur un total de 3133 de candidats reçus au baccalauréat, dans la wilaya d’Ain Témouchent.
Avec ce nouveau contingent et le départ de 1808 étudiants ayant obtenu leur licences et 1269 autres promus au grade de Master, le CUBBAT totalisera un effectif de l’ordre de 11400 étudiants. Toutefois, note-t-il, ces statistiques restent des estimations.» En somme, uniquement pour les nouvelles recrues, théoriquement le nombre de jeunes filles ayant obtenu leur baccalauréat est de 2020 alors que celui des garçons il est de 1113.

Le nombre de bachelières en hausse, une tendance pouvant causer des problèmes d’hébergement en septembre

En termes de taux cela représente 64,47% de filles et 35,53% de garçons, une tendance qui pourrait laisser apparaître des problèmes d’hébergement si des mesures urgentes ne soient pas prises pour pallier aux insuffisances.
Déjà l’année passée, les résidentes faute de mieux étaient logées, pas toutes, à trois étudiantes par chambre, une situation, avérée délicate et ayant des incidences sur la scolarité et la convivialité des étudiantes vivant dans ces conditions, pour le peu que l’on puisse dire, inappropriées.
Le nouveau locataire voulait savoir si des projets de construction de cités sont en cours de réalisation ou proposés à l’étude. Selon lui, une nouvelle cité de 1000 lits est sur le point d’être lancée par le maître de l’ouvrage en l’occurrence la Direction des équipements publics. Le professeur A. Ziadi reste tout de même confiant et rassuré, car il a eu des assurances des autorités compétentes de la wilaya lesquelles vont insister auprès des responsables concernés pour livrer avant octobre 2019 le site 04 de 2000 places pédagogiques et 1610 autres au niveau du site 03 qui connait un grand retard dans livraison. Il reste à achever 390 places pédagogiques qui représentent les amphithéâtres, les blocs administratifs. Les prévisions de livraison sont fixées au mois de décembre 2019 ( ?). Donc avec les 4000 existants, on aura, si les échéances de réalisations seront tenues sans faille, 7610 places pédagogiques pour 11400 étudiants.

Le recours au coefficient de foisonnement (25%) pour réduire l’écart de postes pédagogiques

En faisant une lecture de ce que l’on avait au préalable, le directeur du CUBBAT a vite réagi en soulignant qu’il y a une possibilité de réduire l’écart en utilisant le coefficient de foisonnement qui de 25% du nombre global ; il permet d’obtenir, tout calcul fait, 1900 postes pédagogiques soit un total de 9510 places. Ce recours permet selon lui, « une rentrée universitaire tranquille. » Et la grande opération qui va moderniser le CUBBAT est sous les feux de la rampe des observateurs qui y tiennent beaucoup. C’est celle d’acquisition du matériel informatique pour équiper les laboratoires pédagogiques de chimie, physique, mécanique, biologie, électronique.
Cependant, dira-t-il, « la commission des marchés siégera en septembre 2019 pour inscrire une opération portant acquisition des équipements pour doter deux bibliothèques de 500 places, le laboratoire multi- médias, et l’installation du réseau informatiques pour les sites 03 et 04 que l’on compte réceptionner et mettre en exploitation sans tarder.
L’année universitaire 2019-2020 sera également celle de la mise en route du département de l’agronomie, un domaine qui cadre bien avec la vocation de la région et de la wilaya d’Ain Témouchent. Ainsi il est programmé l’ouverture d’une serre pédagogique pour les filières « sol et eau » et « production végétale avec en sus les filières de l’écologie et de l’environnement. Cela nécessite le recrutement de 07 professeurs, un besoin qui s’ajoute pour arriver à un effectif de 362 enseignants, 209 agents techniques spécialisés et 70 contractuels, toutes filières et postes confondus. Le directeur était très favorable « pour rapprocher les rives sud et nord de la méditerranée, une tendance favorable à l’ouverture d’un département d’histoire et espagnole ».

L’histoire et la langue espagnole pour rapprocher les rives sud et nord de la méditerranée

Une vision qui cible le rapprochement des deux communautés européenne et maghrébine, si l’on ose dire ainsi. Cependant ont été très attentif aux dernières résolutions de la conférence du 1er août 2019 durant laquelle il a été question de revoir les propositions faites au temps de l’ex ministre Tahar Hadjar en juillet 2018 qui visent à élever 07 centres universitaires au rang d’université. Ce jour-là Hadjar avait souligné que la proposition serait débattue lors de la tenue du conseil du gouvernement. Selon la conférence le représentant du gouvernement en l’occurrence M. Bouzid avait rappelé à l’assistance « qu’il faut établir avec exactitude le cahier des charges de transformation d’un centre universitaire en université tout en prenant en considération les éléments humaines, matériels, organisationnels, financières ainsi que le volet formation et ne pas se contenter uniquement des critères liés au nombre d’étudiants, de professeurs, d’encadrement et d’offres de formation. » Faut-il lire à travers ce passage que le chemin est encore jalonné de difficultés non dites expressément ? Oui et non. Cela dépend des responsables de chaque centre universitaire à vouloir aller pour réussir le projet tout en étant à cheval avec les exigences exprimées par la dernière conférence du premier août 2019.

L’apport scientifique et qualitatif de la serre pédagogique du département de l’agronomie au développement de l’agriculture

Il est à noter que le centre universitaire Belhadj Bouchaib connait, à longueur de l’année, un désordre caractérisé devant l’entrée principale, un phénomène récurrent marqué par des arrêts anarchiques de bus, de voitures de taxis et autres usagers.
Ce point est lié à la sécurité du centre et des étudiants lors de leur entrée et sortie du centre. La question nécessite une prise en charge immédiate.
Le secteur du transport aurait été saisi du problème, selon toute vraisemblance. Par ailleurs la proximité du CUBBAT à l’institut de technologie moyen agricole spécialisé (ITMAS) ou l’ex maison de l’agriculture est une opportunité qui peut arranger les deux ministères de l’agriculture, du développement durable et de la pêche, d’une part, et de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique, d’autre part. L’université peut éventuellement apporter ce dont a besoin l’institut en matière de recherches, d’innovation dans le domaine des nouvelles techniques scientifiques aussi bien végétales qu’animales.
L’agriculture et la santé animale ont besoin de cadres pour moderniser le secteur et faire de celui-ci un domaine d’innovation, engineering, d’entrepreneuriat et de management dans les nouvelles filières d’import-export et de création des espèce du terroir qui faisaient la fierté d’Ain Témouchent. Espérons-le !