Hafida B. 

Oran n’a jamais été aussi sale ni senti aussi mauvais que durant ces jours de l’Aid El Adha et même jusqu’à aujourd’hui. En sus des ordures ménagères ordinaires, se sont ajoutés les déchets liés aux sacrifices des moutons. Les quartiers d’Oran, le centre-ville et de la périphérie sont encerclés par les amas d’ordures, des décharges sauvages qui se sont constituées trois jours durant et continuent à recevoir les tonnes d’ordures, en l’absence des nettoyeurs.

Oran la grande ville, la capitale méditerranéenne, qui s’apprête à recevoir les jeux MED de 2021, ne s’est pas encore assuré d’un dispositif de collecte des ordures au moins correcte. Et pourtant, la commune d’Oran, dispose des moyens pouvant faire d’elle, la plus propre commune d’Algérie. En sus de sa division de l’hygiène et de l’assainissement (DHA), dotée de 40 camions et bennes tasseuses, la commune d’Oran est conventionnée avec des concessionnaires spécialisés dans le prélèvement des ordures et le nettoyage, dont l’EPIC Oran propreté.

S’agissant des autres concessionnaires, ils sont du secteur privé, dans leur majorité des petites entreprises créées par des jeunes dans le cadre de l’ANSEJ. Ces entreprises avaient déposé un préavis d’une grève qui devait prendre effet les jours de l’Aid, ce qui explique leur absence. En fait, le prélèvement des ordures n’as pas été fait à Oran centre, le 1er et 2ème jour de l’Aid El Adha. Ce qui explique les tonnes d’ordures jonchant les trottoirs et même les places publiques. Face à cette absence, les camions de la DHA, ont assuré l’opération de prélèvement des ordures des grandes artères d’Oran, pour calmer, la vague de contestation des citoyens sur les réseaux sociaux. Sauf que la DHA à elle seule, ne pouvait combler le vide laissé par les concessionnaires privés, qui réclament à la commune le payement d’une dette qui s’est élevée à 32 milliards de cts.

Signalons qu’afin d’éviter cette situation de crise entre les entreprise de prélèvement des ordures et la commune d’Oran, le wali avait provoqué une assemblée extraordinaire (AGEX), pour l’adoption du budget supplémentaire (B.S), par l’APC. Le règlement d’une partie de cette dette, d’un montant de 18 milliards à ces entreprises a été alors validé. Sauf que la procédure règlementaire, a fait que ces entreprises n’ont pas encore reçu de payement. Le dossier est au niveau du contrôleur financier le (C.F). On saura, qu’une réunion a regroupé les concessionnaires chargés des prélèvements des ordures et des responsables de la commune et de la wilaya pour les sensibiliser, afin d’être sur le terrain le jour de l’Aid El Adha, en attendant l’encaissement de leur dû. Sauf que, les entreprises n’ont pas honoré leur engagement, « leurs employés impayés, ont refusé de travailler, n’ayant à leur tour pas perçu de salaires », nous confiera-t-on. Signalons, que la commune d’Oran, est en contrat avec 136 entreprises de prélèvement des ordures, disposant ainsi de plus de 200 camions et bennes tasseuses, cela paraît énorme, mais quand on se réfère au cahier des charge régissant ce contrat, on constate que les 200 camions ne pourront assurer le nettoyage de la ville.

Un cahier de charge sur mesure  

Selon le cahier de charge, chaque camion est tenu de réaliser une seule rotation par jour pour se rendre ensuite au centre d’enfouissement technique (CET), où sera effectué le pesage des ordures collectées. Chaque camion doit déposer une quantité relative avec sa capacité de charge. Sur ce chapitre, on saura que certains conducteurs de ces camions usent d’une astuce machiavélique, pour augmenter le pesage sans avoir à effectuer la tournée qui leur incombe. Ils arrosent les ordures avec de l’eau pour augmenter leur poids et se débarrasser de la tache journalière en un temps record sans assumer pleinement leur mission. On saura que quelques élus de la commune d’Oran, ont appelé à une révision du cahier de charge relatif au prélèvement des ordures. Ils demandent à ce que le concessionnaire mettent son camion à la disposition de la commune, ou à ce qu’il assure au moins trois rotations par jours, notamment en période spéciales, telles que l’Aid El Adha, ou pendant la saison estivale, lorsque les ordures ménagères doublent de volumes.

En attendant que cela se fasse, Oran croule sous les ordures, en ces jours de grandes chaleurs, et en ces jours où les responsables d’Oran, sont en congé, à commencer par le wali, ou le chef de la daira se trouvant aux lieux saints de l’islam en compagnie du S.G de la commune.

Pour ce qui est des autres communes de la wilaya, la situation est la même, si ce n’est pire du coté de Bir El Djir, cité AADL 1377 logements, ou encore Hai El Yasmine et Hai El Nour. Dans la commune de Sid El Chahmi, à Hai El Yasmine 2, et à Chteibo, c’est le risque des épidémies qui est à craindre avec toute cette saleté, ces odeurs nauséabondes qui dégagent et cette invasion de moustiques et de rats.