Zitouni Mustapha 

De nos jours avec la complexité et la dureté  de la conjoncture que traverse le pays et de fait tous les algériens, quel sens peut-on donner au vieil adage que l’on n’entend presque plus « quand le bâtiment, va tout va » l’amère réalité nous expliquera que le secteur du bâtiment comme de nombreux autres secteurs, vivent des moments difficiles, pour ne pas dire que le secteur du bâtiment est à l’agonie.

A Oran comme ailleurs, de nombreux chantiers, se trouvent à l’arrêt ce que peut constater tout observateur et c’est ce que nous confirment des gens du métier, qui nous confient que la majorité des entreprises, se retrouvent asphyxiées par les endettements.

Du haut de ses 70 ans, Abdellah, un des anciens entrepreneurs qui a passé sa vie dans les chantiers et dont l’entreprise employait plus d’une cinquantaine d’ouvriers, nous dira l’air désabusé, « j’arrive à peine à payer mes employés qui ne sont plus aussi nombreux qu’avant. Je suis endetté jusqu’au cou, comme beaucoup de mes amis entrepreneurs et nous sommes rentrés dans un cercle infernal d’emprunter de l’argent pour pouvoir subvenir aux charges de nos entreprises » notre interlocuteur nous précisera que la crise qui a frappé le secteur du bâtiment, ne date pas seulement de quelques mois seulement, mais les professionnels du secteur avaient senti cette crise, depuis l’année 2014.

Un avis largement partagés par de nombreux autres chefs d’entreprises et pas seulement celles liées au secteur du bâtiment. Pour revenir à la conjoncture actuelle que travers le pays, certains entrepreneurs font prévaloir la sagesse en refusant systématiquement de s’engager dans de nouveaux projets et pour cause, des chefs d’entreprise se sont retrouvés face à la justice, après que leurs chantiers sont  arrivés à achèvement et la régularisation de leurs situations se retrouvent sans paiement, subissant ainsi des conséquences sur le devenir de leurs entreprises. Certain ont été contraints de mettre au chômage technique leurs ouvriers faute de chantier.

Pour résumer la situation, la crise a touché de plein fouet, tous les secteurs d’activité.  Les conséquences de la crise sur le secteur du bâtiment et des travaux publics, sont bien réelles et seuls les chefs d’entreprises peuvent en connaitre la profondeur. Un secteur de plus de 50.000 entreprises qui assurent autour de 1 million d’employés.

Il y’a quelques mois, le secrétaire général de la Confédération générale des entreprises algériennes (CGEA), avait confié à un de nos confrères, que la situation était alarmante. Le secteur du bâtiment subit l’absence de la commande publique. Déjà des centaines d’entreprises ont déjà cessé leurs activités.

Des milliers d’emplois qui partent en fumée et en l’absence de statistiques fiables, certains médias font état de près de 2 millions de salariés qui se retrouvent sans travail depuis le début de la crise qui secoue l’économie nationale, ces trois ou quatre dernières années.