Par : Boualem. Belhadri

La caravane de sensibilisation, du ministère de l’environnement et de l’énergie renouvelable, organisée par la mission du conservatoire national des formations en environnement (CNFE), a eu pour cap préférentiel, après avoir séjourné à Mostaganem, la somptueuse et sublime plage de Rechgoun, un site qui renferme l’île de Rechgoun connue sous appellation « Layala » et qui veut dire « île ». Les autochtones n’emploient que la dernière dénomination et seulement lorsque l’on veut préciser, du point de vue administratif, on utilise le vocable « île de Rechgoun » qui est située à un quart d’heure de la plage quand on se déplace par un semi rigide. L’on a eu la chance d’être invité par la mission du conservatoire national des formations en environnement (CNFE) et par la maison de l’environnement. Leurs membres, dominés par la junte féminine, tous ayant des niveaux universitaires dans le domaine de la biodiversité, l’écologie, l’environnement, le milieu marin, avaient cette manière facile de persuader, d’épater et d’appâter, non pas uniquement les représentants des associations de protection de l’environnement et du milieu marin mais aussi les estivants et les colons venus de plusieurs régions du pays et du sud dont Adrar. Jeudi dernier, la mission du CNFE, a eu le mérite de se rendre à Layala pour voir, comprendre et prospecter ces beaux paysages qui entourent Layala. Mais ce n’est pas tout. Et vouloir atteindre le sommet où se trouve la bâtisse, un vieil édifice surplombé d’un minaret comprenant le phare qui s’allume durant la nuit et joue le rôle d’un indicateur qui oriente la navigation marine et aérienne. Selon des témoins oculaires « le phare de l’Île de Rechgoun est une lanterne de jalonnement utilisé pour la navigation des bateaux accostant à Benisaf. Il est au large du village balnéaire de Rechgoun (07 km au nord-ouest de Benisaf)». Selon les mêmes sources l’île est située à environ deux kilomètres de la plage de Madrid, un prolongement de celle de Rechgoun rive droite de la Tafna dont l’embouchure sépare les deux plages qui portent le même nom et qui sont rattachées à Benisaf (rive droite) et Oulhaça (rive gauche). Historiquement parlant, Le phare est bâti sur l’île de Rechgoun au nord-ouest de Benisaf. »

La tour du phare de l’île de Rechgoun nécessite des travaux de confortement

On y accède à l’aide d’une embarcation. Construit sur la falaise à la partie nord de l’île, c’est une tour carrée en maçonnerie de 18,9 m de hauteur avec à son pied un bâtiment qui sert de logement aux gardiens. Au sud dans l’enceinte du phare, des annexes pour les locaux techniques. Le phare culmine à 84,4 m au-dessus du niveau de la mer. L’éclairage est assuré par un feu de couleur rouge à 2 éclats en 10 secondes de 20 milles nautiques, soit 37 km environ. Les feux sont de couleur lorsque le secteur maritime présente des dangers potentiels. Il est alimenté en électricité par une batterie de panneaux solaires. » La délégation du CNFE et des représentants de la maison de l’environnement étaient pressés d’y arriver. La grande découverte. Pour la première fois ils ont foulé le sable du rivage de Layala et examiné des rochers noirâtres donnant une couleur noire à l’eau sous l’effet du reflet du soleil et qui permettaient au poisson de trouver des endroits où créer leur gîte. Mais ce que l’on avait comme appréhensions et comme informations, au préalable, c’est vite effrité et tombé à l’eau, car le contraste était scandalisant et choquant à plus d’un titre. L’endroit était occupé, le temps de la visite de plusieurs heures par des vacanciers et des plaisanciers qui s’adonnaient à la pêche au filet et qui préparent leurs repas sur place. La sardine pêchée sur place, est le plat préféré que l’on voit en grillade.

Les déchets et ordures ménagères donnent un décor offusquant et hideux

Ces gens ne se gênent pas et laissent les déchets sur place donnant un décor offusquant et hideux. On dirait qu’un jeu de cache- cache s’opère. Sans se gêner et après s’être rassasiés, on voie les gens enfiler les contenants de boissons (eaux, jus, limonade, yaourt, café, thé) et les restes des mets à l’intérieur de ce qui apparaissait comme trous formés par les juxtaposés de rocs et autres formations géologiques. Les écologistes, les défenseurs de la nature et du milieu marin, au lieu de faire des prospections et faire une ébauche d’étude leur permettant de réfléchir à des actions à entreprendre, se sont mis à collecter les déchets au vu et au su de ceux qui polluer et qui n’ont pas bougé d’un iota. Ils étaient morts de honte. On comprend maintenant que l’urgence de prendre des mesures qui s’imposent et sans tarder revêt un cachet particulier éminemment important. Qui devait le prendre ? Voilà une grande question qui nécessite une réponse et sans détour. En haut, il y avait uniquement des visiteurs. Le bâtiment qui sert de logement aux gardiens élargi à l’enceinte du phare et des annexes pour les locaux techniques était fermé. Ce jour, le mercredi 07 aout 2019, le gardien était absent. Causes ? Selon des témoins qui ont prolongé leur séjour à des heures tardives de la nuit, le phare était éteint. Aussi la dégradation était visible et l’on craint, faute d’un aménagement immédiat à entreprendre, que les lieux vont se détériorer davantage.

Qui doit prendre en charge la collecte des ordures ménagères et des déchets assimilés ?

Telle est l’autre question qui en dit long. Parmi le collectif de la mission du CNFE figurait Sidi Aissa Amina, la chargée de la cellule de communication auprès du conservatoire national des formations en environnement. Elle dira « que la caravane de sensibilisation a pour but de sensibiliser les estivants qui fréquentent la plage de Rechgoun, une plage qui présente un site archéologique classé par Ramsar. Sensibiliser les estivants sur la nécessité de développer ensemble des idées à concrétiser en projets faisables visant à préserver le milieu marin contre la dégradation et à préserver le site contre la pollution marine. Maintenant il est bon de revenir sur un détail et parler de la classification de l’île de Rechgoun par la convention Ramsar. On veut bien savoir ce qu’elle stipule. Ceci nous mène tout droit à vouloir savoir en termes d’engagement sur la part à réserver au site en termes de financement du projet d’aménagement du site. Et la réflexion ne s’arrête pas là, car on doit savoir à qui revient la gestion, l’entretien, la maintenance et la sécurité des biens et de la faune et la flore.
C’est bien d’aménager mais c’est bien d’aménager et de gérer avec la possibilité de créer des activités annexes dont les produits sont des ristournes à consigner dans un compte spécial pour les besoins de la maintenance, l’entretien et d’éventuels travaux dictés par l’étude. On a discuté quelques aspects de cette réflexion globale avec Sidi Aissa Amina et avec laquelle on est arrivé à dire qu’il faut faire quelque chose. Elle dira aussi « que les ministères de l’intérieur et des collectivités locales, de la pêche et ressources halieutiques et aquaculture et de l’environnement ont beaucoup de choses en commun à mettre au profit du site de l’île de Rechgoun dans le domaine de sa préservation et sa protection contre toute dégradation et pollution marine. »