Boualem. Belhadri

Un monde fou occupait le souk hebdomadaire à bestiaux, d’Ain Témouchent. Déjà, avant le petit jour, les abords du marché, les terres pleines séparant les deux voies de la pénétrante dédoublée sur 1,5km étaient tous squattés. Les jeunes, munis de bâtons ordonnaient les automobilistes de stationner, sans dire plus. Et les automobilistes obtempéraient, sans dire mot. Le jour du souk, ces derniers deviennent en quelque sorte des auxiliaires dont la mission est de veiller à ce que certains ne viennent gêner la circulation. Plus de 20 jeunes, portant des gilets sillonnaient le long du tronçon des deux côtés. Cette scène se passe devant tout le monde y compris les forces de sécurité. Ce jour-là une campagne de sensibilisation a été effectué par les agents de la police au profit des transporteurs de bestiaux aussi bien ceux qui rentrent ou ceux qui quittent le marché hebdomadaire à bestiaux. Certains gens trouvent leur envie quand les choses ne sont pas transparentes. On dirait que c’est dans la confusion, le désordre et l’indiscipline qu’ils se trouvent et se réconfortent. A l’intérieur, il est difficile de frayer un chemin, même à pied. L’habitude est une autre nature à laquelle le mauvais comportement des gens n’apparait plus comme une indiscipline un manquement dans le domaine d’assurer la sécurité des biens et des gens. La poussière vous monte au visage, vous étouffe. Et peu de temps on devient méconnaissable avec en plus l’atmosphère qui règne à l’intérieur. Les uns poussent des moutons pour les faire sortir, les autres les poussent pour les faire entrer. Les premiers sont des acheteurs et les seconds sont des vendeurs. Selon l’avis des maquignons qui pullulaient ce jour-là, des milliers de têtes de moutons ont été transportés depuis des wilayas des hauts plateaux et de l’intérieur. Causes ? C’est le dernier souk hebdomadaire avant l’Aïd. Est-ce la seule cause ? Les uns estiment que c’est la dernière occasion qui restait pour les grands maquignons qui quadrillaient le souk. Alors que le marchait se vidait aux environs de 12h30mn, cette fois-ci les maquignons faisaient le diktat en imposant leur véto. Il était encore 14h et les gens rentraient et sortaient dans l’espoir de trouver ce qui leur arrange en fonction de leur moyen. Une légère baisse a été remarquée le jour du dernier souk. Et c’est à partir de 11h30mn que le cour des bêtes commençait à fléchir. Ce qui à amener certains à procéder de la sorte est l’abondance quelque peu particulière ce jour-là qui caractérisait le marché d’Ain Témouchent. Les maquignons, une fois le marché fermé, créent ce que l’on appelle des « Souika » (petits souks). Ils s’installent là où bon leur semble. Ils montent des barrières en guise de bergeries visibles pour les passant empruntant la RN35, RN2, RN96, RN108….Et comme les retardataires ont parfois torts, les maquignons arrivent toujours à pécher des acheteurs pressés notamment ceux qui voyagent accompagnés de leur enfants. Le foin, le bois, le charbon, les couteaux, les barbecue font partie du décor général. Et ça marche aussi.