B.Rahmane 

Sidi Lahcene vit actuellement une scène rocambolesque qui frise le ridicule dès la remise des clés  de logements décents à leurs heureux bénéficiaires. Les malchanceux tendent leur espoir vers les promesses de la distribution d’un quota conséquent de plus de 300 unités au sein du projet de 1000 logements prévus alors que la rumeur bat son plein évoquant que ce nombre d’appartements est destiné aux citoyens de la ville de Sidi Bel-Abbès qui résident dans des bidonvilles. Se sentant déroutés, les contestataires passent à l’offensive par des actes violents. Cependant cela n’a guère suffi pour certains qui au nombre d’une vingtaine n’ont trouvé mieux que de monter sur la terrasse de la mairie dont leur seul message est de satisfaire leur demande faute de quoi ce sera le suicide collectif pur et simple sous le regard des services de sécurité qui veillent minutieusement au grain. Un groupe de mécontents décidés plus que jamais à passer à l’acte a passé la nuit du mardi à la belle étoile paralysant complètement le siège de la mairie. Nous avons appris qu’un citoyen à la limite de la colère, s’est jeté du haut et souffrant de graves blessures, pour d’autres il s’est glissé d’en haut et fut transporté par la protection civile. Les habitants de Sidi Lahcene ne tardent point pour compatir avec les aventuriers et dans un geste de solidarité, ils ne cessaient d’alimenter les jeunes en eau potable et en nourriture. En somme, un spectacle désolant, le centre-ville paralysé, des curieux agglutinés aux alentours de la mairie sont venus assister à un film hitchcockien en absence des autorités locales et de wilaya. Alors que nous mettions sous presse, les négociations avec les manifestants étaient lancées pour les dissuader à commettre l’irréparable. En somme, le suicide collectif devient un mode d’emploi très prisé pour arracher un toit social.