Boualem Belhadri

Le bureau de wilaya d’Aïn Témouchent, du Syndicat National Algérien des Pharmaciens d’Officine (SNAPO) a, dans le cadre de ses activités scientifiques, organisé jeudi dernier, sa deuxième journée pharmaceutique à l’Hôtel Djaleb Atlantis Sassel- Plage, une thématique dédiée à la Phytothérapie et préparation magistrale à laquelle ont pris part des spécialistes venus de plusieurs EHU, EH et Directions de wilayas, de la Santé et Population (DSP). La quasi- totalité  des pharmaciens d’officines de la wilaya hôte y a assisté, selon des organisateurs qui étaient au niveau souhaité de l’événement national intervenant à la veille de la commémoration du 57e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie.

La première communication a été présentée par Messaoud Belambri, Président national du SNAPO qui a tenu à donner une situation générale sur les activités du bureau national. Il est bon  de souligner qu’en «Algérie le marché pharmaceutique est en nette progression, puisque l’Algérie compte viser le développement de la production locale et devenir une plateforme de production nationale, sachant qu’une large part du marché repose sur les importations avec un chiffre qui avoisine les 70 %.»

La phytothérapie et préparation magistrale en Algérie,     constat et perspectives

Pour cela, une planification stratégique globale est indispensable pour améliorer ce secteur «en structurant les aspects réglementaires de tous les produits pharmaceutiques.» Ce point nécessitait plus des précisions. Tous s’accordent à vouloir dire qu’il est temps «de développer  au niveau local la Phytothérapie et préparation magistrale et officinale des médicaments à base de plantes (MABP) qui ont une importance considérable dans le commerce international.» Ainsi a été mise en évidence « la reconnaissance de leur valeur clinique, pharmaceutique et économique continue. »

Les données concernant l’innocuité et l’efficacité des plantes, leurs extraits et principes actifs et les préparations qui les contiennent restent encore limitées. L’Algérie possède une réserve de remèdes à base de plantes, de savoir-faire dans la médecine traditionnelle. Dans la wilaya d’Aïn Témouchent, une association a été créée depuis peu, pour prospecter des gisements de plantes médicinales et aromatiques utilisées dans la fabrication des médicaments et des arômes. Le but recherché plus tard est de s’associer avec les pharmaciens pour développer un tel secteur.  L’assistance devait saluer le  Pr. Kamel Dali Yahia, membre élu de la SORP Tlemcen et maître de conférences en pharmacognosie Faculté de Tlemcen qui a présenté une conférence l’Intérêt de la phytothérapie en officine. Aujourd’hui «l’aromathérapie suscite un intérêt grandissant et l’équipe officinale ne détient pas toujours les clés pour fournir un conseil averti à ses patients.»

La sélection des plantes médicinales et huiles  essentielles nécessite une connaissance et une maîtrise

A Hammam Bou Hadjar un jeune pharmacien a eu l’initiative de faire une formation qui l’aide « à sélectionner des huiles essentielles de qualité et à fournir ce dont ont besoin comme thérapie et conseils aux clients qui ont choisi de se soigner avec l’aromathérapie ou qui souhaitent compléter un traitement médicamenteux.» L’historique et la place de l’aromathérapie dans l’arsenal thérapeutique actuel ; les principales voies d’administration des huiles essentielles, les actions des huiles essentielles en fonction des pathologies et les conseils à fournir aux clients (affections digestives, cosmétologie, dystonies neurovégétatives, etc.) sont bons à savoir et à pratiquer dans le cadre du développement et l’animation d’un rayon dédié à l’aromathérapie à l’officine,» selon la 3e édition portant conseil aromathérapie par  Danielle Roux-Sitruk.

Rédigée par une équipe d’experts, cette troisième édition vous permettra de répondre de manière concrète aux attentes de vos clients, de plus en plus attirés par les médecines naturelles. L’autre conférence qui a suscité une attention particulière de la part des invités et spécialistes est celle présentée par Dr. Yacine Merahi Pharmacien d’officine et membre du SNAPO Aïn Témouchent sous le thème « Production et valorisation des plantes aromatiques, Médicinales et huiles essentielles. » Nonobstant l’importance des ressources en plantes aromatiques et médicinales dont recèlent nos forêts, le mode de leur exploitation actuelle entrave les opportunités offertes en zones forestières de leur développement.

En effet, les zones  qui renferment les huiles essentielles, restent soit sous-exploitées, soit surexploitées ou décimées par la sécheresse et surpâturage par rapport à leur potentiel de production.

Les officines doivent former les jeunes qui collectent les plantes dans un cadre réglementaire de partenariat

La main d’œuvre formée est rare. Quant aux exportations d’huiles essentielles, elles ont été marquées par une baisse substantielle au cours des dernières décennies, à cause selon toute vraisemblance de la désertification.

Aujourd’hui il est utile de revoir « la nouvelle orientation de l’administration forestière vers une participation des groupements forestiers d’intérêt collectif (GFIC) dans la filière montre des faiblesses dans l’écoulement de la production, la maîtrise technologique et la capacité financière requise. »

Promouvoir le partenariat entre les différents intervenants (Etat, GFIC locaux, et entreprises) permettrait à coup sûr de développer la filière, afin d’accroître la production d’huiles, tout en garantissant la régénération des zones  de plantes phytothérapie et aromathérapie, une tendance qui essaie de persuader les décideurs. En revanche, l’Etat pourrait procéder à des concessions d’exploitation à moyen terme pour ces formes de partenariat, selon des plans de gestion concertés.