Belmadani Hamza

Parmi la préoccupation majeure à Oran, reste le phénomène des habitations illicites, qui se sont propagées depuis plusieurs années dans les 04 coins de la wilaya.

Ces taudis sont réalisés sur des terres agricoles et même des zones forestières. Depuis le début de l’année, plusieurs opérations de démolition des habitations illicites érigées sur des terres agricoles, ou le patrimoine forestier ont été effectuées à Oran suite à des directives du wali d’Oran Mouloud Cherifi.

Ces opérations ont pour objectif de faire face à l’amplification de ce phénomène dans la capitale de l’Ouest. Dans ce cadre, ils ont permis la démolition de 401 taudis, dont 32 fondations et murs. 145 taudis ont été démolis à Oran et 10 fondations suivies de 62 taudis dans la daïra de Boutlélis.

Durant la même période, 58 taudis et 19 fondations ont été démolis dans la daïra de Gdyel.  Le wali d’Oran a appelé récemment à faire face à ce phénomène avec rigueur et persévérance.

Il y a quelques semaines, la sonnette d’alarme a été tirée sur l’aggravation de ce problème à Oran. Il s’agit des images satellites qui ont démontré le constat amer que des habitations illicites continues à être érigées à Oran au su et au vu des responsables locaux. Le wali d’Oran a récemment tiré à boulets rouges sur quelques maires, suite à ces images. Mouloud Cherifi a expliqué que les habitations illicites continuent d’être réalisées au niveau de quelques endroits d’Oran, où les maires n’ont pas intervenu pour démolir ces habitations.

Il est utile de rappeler le rapport alarmant des services de la Direction de l’Urbanisme et de la Construction (DUC d’Oran) rendu public l’année dernière.

Un rapport des plus alarmants sur la prolifération des constructions illicites dans la wilaya, en dépit des multiples opérations d’éradication de l’habitat précaire et des bidonvilles et le relogement de leurs habitants dans des logements décents.

Le phénomène se régénère après chaque opération de relogement, ce qui rend encore plus ardue toute solution à l’éternelle crise de logement dans la wilaya d’Oran.

Le rapport avait été pour rappel, présenté au wali, aux représentants de l’exécutif local, il avait fait ressortir une hausse inquiétante des constructions illicites dans de nombreuses communes de la wilaya, notamment celles situées dans la région-est d’Oran.

Le document faisait état de 41.000 constructions illicites réparties sur 13 communes. Le quartier des Planteurs, relevant du secteur urbain Sidi El Houari, représentant la plus grande concentration de ces constructions avec pas moins de 20.000 habitations, sachant que ce même quartier a bénéficié d’un programme spécial de 12.000 logements, lancé depuis 2001.

Les opérations de relogement se sont succédé depuis et ce, jusqu’à nos jours.

Dans son rapport, la DUC avait tiré la sonnette d’alarme sur la persistance des constructions et extensions illicites dans plusieurs zones de la wilaya, en particulier la région-est. Dans de nombreux cas, le recours à ces pratiques cache des intentions opportunistes et rusées pour bénéficier illégalement des opérations de relogement entreprises par l’Etat, et ce, au détriment des personnes qui ouvrent légalement droit à l’aide de l’Etat en matière d’habitat social. Dans un autre registre, les mêmes services font savoir que la wilaya dispose d’une réserve foncière dédiée aux projets de l’habitat d’une superficie de 225 hectares, dont une grande partie est située dans le nouveau pôle urbain Ahmed-Zabana qui s’étend sur 180 hectares et qui peut accueillir jusqu’à 22.000 logements (toutes formules confondues), selon les études réalisées par les services compétents.

Il est à souligner que le wali d’Oran, M. Mouloud Cherifi, avait annoncé, dès sa désignation à la tête de l’exécutif local, la création d’une banque de réserves foncières destinées aux projets de l’habitat et des équipements publics. Il faut savoir que la wilaya d’Oran a lancé les études de 177 POS (Plan d’Occupation des Sols) dont 148 ont été déjà livrés.