Zitouni Mustapha

Le sport algérien dans son ensemble connaît depuis des années une nette décadence, avec le peu de moyens, les résultats de toutes les disciplines étaient bien meilleurs qu’actuellement, où des sommes colossales sont englouties sans que les résultats ne suivent, ils sont encore plus médiocres maintenant.

Ceci est aussi valable pour Oran qui reste nostalgique du riche palmarès récolté durant les années fastes, de lointains souvenirs qui laissent à penser qu’Oran a perdu son âme sportive.

Les raisons ne sont pas uniquement matérielles, mais le sport à Oran a tout simplement été trahi par ceux-là mêmes qui en avaient la charge et le constat est bien là, tous les clubs sportifs d’Oran ne sont plus que l’ombre d’eux- mêmes, à commencer par l’ASMO et le MCO, devenus la risée des championnats, les 02 clubs se retrouvent en cette fin de saison dans les dernières places du Championnat Ligue I et II, au même moment, l’USM Oran, le doyen des clubs de l’Ouest, a bouclé ses 93 ans d’existence est exposé à la disparition, en poursuivant sa chute libre après avoir échoué à se maintenir en Inter-régions.  Un triste sort pour le plus ancien club de la région-ouest du pays qui se meurt dans un silence total, ne suscitant ni inquiétude, ni souci de la part des sportifs et responsables.

Oran plus que les autres wilayas du pays connaît cette décadence du sport individuel et collectif, au grand dam des amoureux du sport.

Handball, football et athlétisme qui ont fait jadis le bonheur des amoureux du sport, n’ont plus le niveau de compétition et se retrouvent dans les derniers classements. Pour résumer Oran a perdu l’âme du sport et n’est plus cette référence d’avant, mais personne ne s’est s’inquiété de cette décadence du sport à Oran, pour la simple raison que ce sont les sportifs et dirigeants eux-mêmes qui ont causé d’énormes torts au sport dans l’Oranie, et ce, n’est pas une surprise, si tous les jeunes en âge de pratiquer le sport se sont éloignés du sport, à cause de l’image transmise par les gens en charge du monde sportif.

L’athlétisme, l’autre sport qui faisait  la fierté de la ville 

Oran était aussi connue pour ses champions et championnes dans la gracieuse discipline de l’athlétisme, depuis les travaux menées au stade du 19 juin dans les années 90, la cassure a été immédiate, les sportives et sportifs ont quitté et le nombre de licenciés à baissé depuis.

Ce qui reste de la Ligue Oranaise d’Athlétisme qui tente tant bien que mal de relancer la discipline dans la capitale de l’Ouest du pays, sauf qu’elle fait face à d’énormes problèmes d’ordre matériel en particulier, déplore son président.

Selon Brahim Amour, un spécialiste en la matière vu son passé riche dans cette discipline en tant qu’athlète d’abord puis technicien, son instance s’ »active depuis quelques années, pour redorer le blason terni de l’athlétisme oranais malgré les nombreux aléas auxquels elle fait face ».

Il a notamment cité ce pertinent problème de manque de moyens qui se traduit par un matériel obsolète toujours utilisé dans les compétitions organisées par la Ligue oranaise.

« C’est vraiment regrettable de recourir à chaque fois à du matériel ancien, vu qu’on n’a pas les moyens de se procurer de nouveaux outils de travail nécessaires, pour l’organisation des différentes compétitions », a-t-il expliqué.

Même les athlètes, ayant pris part par exemple au dernier championnat régional qui s’est déroulé au complexe les « Castors » se sont plaints de cette situation qui constitue un véritable obstacle pour l’amélioration de leurs résultats.

Et si la Ligue locale continue de se heurter à cet aléa, c’est parce qu’elle est incapable de se doter de nouveaux matériels, vu son budget « limité », a encore regretté son premier responsable.

« Les subventions, dont on bénéficie chaque saison nous permettent à peine d’assurer le fonctionnement de notre instance et d’honorer nos engagements en matière d’organisation des compétitions », a-t-il expliqué.

L’engouement pour le sport peu renaître des JM-2021

Les Jeux Méditerranéens de 2021 pourront-ils être ce déclic, pour que nos jeunes renouent à nouveau avec le sport ?  A voir les délégations des 23 pays dans toutes les disciplines sportives  en représentation à Oran et ses stades, les jeunes Oranais pourraient être influencés par les sportifs du bassin méditerranéens, pour opter pour telle ou telle discipline sportive.

Pour une structure qui compte pas moins de 22 clubs affiliés, l’on aurait espéré bénéficier de plus de considération, a souhaité le responsable qui table désormais sur la 19e édition des Jeux méditerranéens, prévue en 2021 à Oran, pour régler une bonne fois pour toute, le problème de la vétusté du matériel.

La tenue à Oran des Jeux méditerranéens aura certainement un impact positif sur l’athlétisme oranais. On devrait notamment profiter du matériel flambant neuf qui sera utilisé dans l’organisation des différentes épreuves de la discipline et aussi des nouvelles infrastructures en voie de réalisation ou de réhabilitation à Oran », s’est d’ores et déjà réjoui Brahim Amour.

Le stade d’athlétisme de 4.000 places est l’une des précieuses infrastructures que compte le complexe sportif en cours de réalisation dans la commune de Bir El Djir (Est d’Oran), composé également d’un stade de football de 40.000 places, d’une salle omnisports de 7.000 places et d’un centre nautique de quatre bassins.

« Il est clair qu’une telle infrastructure va nous motiver davantage pour réaliser notre programme basé notamment sur la promotion de la discipline parmi les jeunes, étant donné qu’on table sur l’affiliation d’un maximum de nouveaux adeptes après le rendez-vous méditerranéen qui constitue un nouveau départ pour l’athlétisme dans la région », a conclu le président de la Ligue oranaise.