Chaouis, Kabyles, Mozabites, Oranais et Constantinois…

L’Algérie multiculturelle se révolte

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Zitouni Mustapha 

Comme on a souligné parfois avec étonnement toute la grandeur de la révolution qui s’écrit depuis le 22 février dans les nouvelles pages de l’histoire de l’Algérie contemporaine, on relève aussi quelques graves dérives de certains analystes qui ne semblent pas avoir compris l’ampleur du mouvement national d’un peuple qui marche, pour arracher une indépendance jusque-là confisquée, comme l’a si bien relaté dans son livre le regretté Ferhat Abbes.

Femmes, hommes et enfants des 48 wilayas sont sortis simultanément depuis 09 historiques vendredis menés avec hargne par des jeunes auxquels le monde entier rend hommage aujourd’hui et c’est pour cela, que cette révolution leur appartient en priorité, eux qui ont exaucé des vœux que l’on pensait utopiques de voir un jour, tout un peuple exiger un changement de tout un régime et de tout un système, une forme de pérestroïka à l’algérienne.

Des tentatives de faire taire, ce soulèvement populaire et c’était attendu, ont toutes échouées, mais d’autres tentatives encore plus malsaines sont en action, celles de la division, une arme aussi tranchante qui a fonctionné depuis la glorieuse Révolution de Novembre et qu’on tente de réutiliser, pour briser les cris des millions d’Algériens.

A quoi assiste-t-on ces dernières semaines, si ce n’est remonter les Algériens les uns contre les autres, à commencer par diaboliser les féministes et refaire ressortir le machisme, pour créer la discorde, puis on essaye l’autre carte, celle du régionalisme qui a longtemps leurré les Algériens, et à cela, la réponse a été très claire en témoignent les affiches soulevées tout le temps du mouvement «Nous sommes des Chaouis et des Kabyles et des Mozabites et des Oranais et des Constantinois etc, et nous sommes des Algériens unis pour mener ce mouvement à terme, jusqu’à la chute du système.»

La leçon que retient le monde entier, c’est sans conteste aucun, cette union et ce pacifisme qui font la force du mouvement du peuple algérien dans sa marche, pour recouvrer sa souveraineté. L’union est plus que jamais nécessaire et le pacifisme doivent primer devant toutes les tentatives destinées à nous entraîner vers la violence.

La nouvelle Algérie est une Algérie qui reconnaît comme siens tous ses enfants. La pluralité de la société algérienne est une évidence, elle a toujours existé de fait et elle est d’ordre ethnique, culturel, linguistique, religieux, etc.

Les Algériens ont un héritage commun, celui d’une vaste terre algérienne originellement amazighe faite d’espaces géographiques variés et d’une histoire millénaire qui a fait de nous une société multiculturelle. Ce sont ces Algériens qui ont versé ensemble, leur sang pour libérer leur terre du colonialisme, combattu avec leurs différences régionales, leurs coutumes, leurs langues et leurs organisations locales. Contrairement à cet épouvantail qui  nous a été dressé pour diviser toute cette diversité qui fait cette grande Algérie que nous aimons et que nous voulons partager dans la sérénité et la fraternité.