Boualem  Belhadri

En 2011, le gynécologue, Chafi Belkacem avait lors, de la tenue du 10e congrès national de la Société Algérienne sur la Ménopause, (correspondant à la fin de la période reproductive de la femme, habituellement vers l’âge de 50 ans), déclaré que : «l’Algérie est le deuxième pays en termes de prévalence du cancer du col de l’utérus dans le monde arabe après la Somalie.» Il a  tiré la sonnette d’alarme sur la progression du cancer du col utérin en Algérie, notamment dans l’Ouest du pays. Il a souligné et insisté sur l’importance du dépistage précoce de la maladie. »

Nous prenons ces informations au sérieux, et peu importe ce que pensent les commentaires sur les statistiques, car le mal est là et il continue de causer des dégâts alarmants, eu égard à son expansion inquiétante d’année en année. En sus, dit-il : «le cancer du col de l’utérus est causé par une infection transmissible sexuellement (ITS), dont l’origine est le virus du papillome humain (VPH). Il existe plusieurs souches de virus dans la famille des VPH, dont certaines sont plus facilement transmissibles que d’autres.» Une année après, à Aïn Témouchent, un nouveau service de dépistage et de prévention contre le cancer a été  ouvert au niveau de la polyclinique « Abou BekrBelkaid» d’Aïn Témouchent. C’est sur proposition  de la Direction de la Santé  et de la Population que les autorités de la wilaya d’alors, avaient inscrit une opération pour l’aménagement d’un tel service qui prend en charge le dépistage du cancer du col de l’utérus et donne aux patientes divers conseils sur la prévention contre cette maladie.»

Généraliser la formation des sages-femmes pour appréhender  précocement le cancer du col de l’utérus

Cette structure est encadrée par un médecin et une biologiste qui ont suivi une formation spécifique à Alger, dans le cadre des instructions du ministère de tutelle, visant la généralisation de ce genre de service à travers le pays et notamment, au niveau des wilayas de l’Ouest, où le fléau a une prévalence jusqu’à présent non mise en évidence quant aux causes réelles de sa propagation.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) : «le cancer du sein est considéré comme la 1re cause de mortalité chez la femme aussi bien dans le monde qu’en Algérie après celui du col de l’utérus avec un taux de 22,6% sur l’ensemble des types de cancers.»

Il est à noter que la CNAS a mis à la disposition de ses assurées les moyens pour se faire examiner gratuitement au niveau de son laboratoire régional de Tlemcen, sis à Maghnia. Même les frais de transport sont remboursés par la CNAS.

Pailleurs, en Algérie : « 4.000 à 7.000 nouveaux cas de cancers sont enregistrés annuellement, selon le Centre Algérien de Lutte contre le cancer.» Ainsi donc, le cancer du sein et celui du col de l’utérus sont les cancers les plus répandus chez la femme. Les causes et facteurs de risque sont multiples ; ils prédominent chez les femmes ménopausées, en surpoids, ou n’ayant jamais eu d’enfant.

Cependant, d’autres informations disent : «que cette pathologie cancéreuse est en augmentation chez des femmes plus jeunes, ne présentant aucun de ces facteurs de risque.

Les services chargés du dépistage précoce du cancer du col de l’utérus à travers le territoire national, restent insuffisantes

 Les femmes porteuses «d’une anomalie génétique héréditaire (HNPCC ou syndrome de Lynch), présentent elles aussi un risque accru de cancer utérin.»

Par ailleurs, il y a quelques années, la présidente de l’unité de planification familiale au CHU Mustapha-Pacha, Pr. Zahra Saadi, a affirmé : «que les actions menées dans les unités de protection maternelle et infantile et les services chargés du dépistage précoce du cancer du col de l’utérus à travers le territoire national restent insuffisantes.»

Elle a également indiqué à l’APS : «que les unités de protection maternelle et infantile et les services chargés du dépistage précoce du cancer du col de l’utérus se limitent actuellement au diagnostic précoce de la maladie chez les femmes qui demandent cet examen, ou celles orientées par les médecins à cet effet. La spécialiste a pour sa part estimé : «que les efforts déployés par l’Etat, dans la formation de sages-femmes en matière de diagnostic précoce du cancer du col de l’utérus et de spécialistes en colposcopie, restent insuffisants pour généraliser le dépistage et prévenir contre ce type de cancer.»

Dans le but de réduire le taux d’atteinte et assurer la prévention contre cette maladie, Saadi a recommandé deux méthodes: la vaccination qui garantit une protection contre le virus à plus de 75 % et la prévention secondaire, c’est-à-dire l’identification des lésions qui touchent le col de l’utérus et les traiter. En fin, selon les données de l’Institut National de Santé Publique, le taux de prévalence du cancer du col de l’utérus atteint 09 cas pour 100.000 habitants, soit 1.600 cas par an, induisant 04 décès par jour.