Jalil Mehnane

L’affaire du transfert à l’étranger d’une somme de plus de 300 millions de dollars revient à la barre le 21 novembre prochain. La grande fuite d’argent ne cesse de défrayer la chronique, impliquant des hauts responsables de la société  spécialisée dans la production d’ammoniac et d’urée à Aïn El Bia près d’Arzew. Sorfert Algérie qui est une joint-venture entre Orascom Construction and Industries (OCI) avec 51% des actions et le groupe pétrolier National Sonatrach (49%), est considéré comme étant le premier pourvoyeur de devises après Sonatrach, ce qui confirme toute l’importance de ce projet. Mais dès que les premières exportations ont commencé, le PDG égyptien Amr Hassaballah et ses collaborateurs ont profité pour remplir leurs poches illicitement par des sommes colossales d’argent transférées illicitement à l’étranger dans des paradis fiscaux. L’affaire a été révélée par des travailleurs algériens conscients de la gravité d’un tel acte, qui «casse» directement l’économie nationale, en quête d’un second souffle, ces dernières années, après la chute des prix du pétrole et la dégringolade du Dinar national.  L’affaire que l’opinion publique croyait close, le 05 mars dernier  est revenue sur le devant de la scène, et sera donc rejugée le 21 du mois en cours, après l’appel introduit par les mis en cause au verdict de 05ans de prison et une amende de 27,7 millions de dinars infligés par le Pôle pénal spécialisé d’Oran à l’ex-Président Directeur Général de Sorfert, en état de fuite, ainsi qu’à la directrice Juridique de cette société, Karima Farah, qui est également Egyptienne, qui elle a écopé d’une de 02 ans de prison fermes, assortie d’une amende du même montant. Le transporteur impliqué dans cette affaire, Z.M., a écopé quant à lui d’une peine d’un an de prison ferme et une amende de 200.000 dinars. Dans le même cadre, une amende dite de solidarité de 02 millions de dinars a été infligée aux 02 premiers inculpés et le tribunal a confirmé le mandat d’amener international lancé contre l’ex-PDG de Sorfert. Jeudi dernier, le ministère public de la Cour d’appel d’Oran a requis l’aggravation des peines, lors du procès en appel dans l’affaire Sorfert. A ce procès, le représentant du ministère public avait requis une peine de 10 ans de prison fermes à l’encontre de Amr Hassaballah et Karima Farah et de 07 ans de prison fermes contre le transporteur, ainsi que des amendes équivalentes au double de la somme de 16 millions de dollars détournée. Pour rappel, une enquête pour transfert illicite à l’étranger de plus de 300 millions de dollars a été ouverte par le Pôle Judiciaire Spécialisé en 2012 suite au refus du commissaire aux comptes de Sorfert de valider un nombre d’opérations financières accomplies par Sorfert Algérie. Lors du procès, le responsable des finances de Sorfert a évoqué le caractère privé de la société qui la dispense de recourir au code des marchés, alors que les responsables de la BEA ont soutenu que le transfert d’argent était conforme aux procédures et avait l’aval de 03 Directions Centrales de la Banque, ainsi que celui de la Banque d’Algérie. Spécialisée dans la production d’ammoniac et d’urée à Arzew (Oran), Sorfert Algérie, est une joint-venture entre Orascom Construction and Industries (OCI) avec 51% des actions et le groupe pétrolier Sonatrach (49%) avant la loi de finances complémentaire 2009.

Affaire à suivre…