Zitouni Mustapha 

Le dilemme qui se pose aux parents d’enfants scolarisés n’est certes, pas nouveau, mais il perdure dans le temps sans qu’aucun acteur n’ait pu à ce jour trouver la solution idoine, pour en finir avec ces cours de soutien qu’aucun pays au monde n’a autant élargi à l’ensemble des paliers scolaires.

Du primaire au secondaire, parents et élèves sont tombés malgré eux, dans ce qui a été qualifié par les spécialistes, de «phénomène de société».

Par un semblant de fausse hypocrisie, ou d’incapacité à juguler ce problème, la situation désastreuse continue, jusqu’à rendre le noble secteur de l’Education Nationale en un véritable business lucratif, où les valeurs morales n’ont plus droit de cité.

Une séance de 1h30 de Physique est tarifée par certains enseignants, assurant des cours parallèles à 5.000 dinars.

Pour les Mathématiques, la séance d’une heure varie entre 3.000 et 4.000 dinars.

Les matières littéraires sont elles «vendues» à des séances de 2.000 à 2.500 dinars.

Pour la matière de philosophie pour les Terminales et candidats au Bac, la séance de 02 heures est fixée à 5.000 dinars pour les cours individuels.

Bien entendu, les prix et tarifs varient d’un prof à un autre, et certains enseignants sont malheureusement connus plus par leurs performances durant les cours de soutien que dans celles pour lesquels ils sont rémunérés par l’Etat dans leurs lycées ou établissements scolaires.

Pour les parents, ils sont très vites et sournoisement pris à la gorge, lorsque, leurs enfants arrivent en classes d’examens, le brevet d’enseignement moyen (BEM), pour le passage en 1ère année de lycée, ou lorsque l’élève atteint la Terminale, avec l’examen du Baccalauréat en fin d’année scolaire, dont la réussite lui ouvre les portes des Universités.

Et c’est à ce moment que le dilemme se pose aux parents, qui culpabilisent : «j’assure des cours de soutien à mon enfant : parce que je veux qu’il réussisse» et c’est sur cette corde affective, que les enseignants qui ne se suffisent plus de leurs salaires mensuels, tirent profit pour contraindre les parents à payer des cours de soutien à leurs enfants, car c’est bien d’argent qu’il s’agit et le secteur de l’Education comme tant d’autres secteurs est biens gangréné par cette pensée mercantile.

Pour l’heure, la situation perdure depuis plusieurs années et aucune solution à l’horizon, et au-delà des performances et réussites des élèves et la satisfaction des parents, l’Education dans son sens le plus large, a perdu avec ce système de business des cours de soutien, toute crédibilité et par delà, elle a perdu encore plus, les valeurs qui font du secteur de l’Education, le pilier fondamental de toute Nation qui se respecte.