Détresse des souscripteurs après la mort du promoteur

42 logements LSP El karma, un projet à l’arrêt depuis 07 ans

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Hafida B.

La lenteur de réalisation des projets dans le secteur de l’Habitat, c’est courant. Le retard peut prendre deux ans, trois ans, ou même cinq ans, ceci bien qu’intolérable sous d’autres cieux, passe dans la normale en Algérie et particulièrement dans la wilaya d’Oran. En fait, dans notre wilaya, il n’y a pas que des retards de réalisation, il y a des projets qui meurent avec leur promoteur. Ceci est le cas pour le programme des 42 logements LSP dans la commune El Karma. Ce projet, a été inscrit en 2010 et devait être réalisé par la société de promotion immobilière EURL LKSUB. Les travaux ont été lancés en 2011, dès que le permis de construire a été délivré au promoteur. En 2013, le promoteur est décédé, depuis le projet est à l’arrêt. Depuis aussi, les souscripteurs à ce projet ont frappés à toutes les portes sans succès. «J’ai le contrat VSP du logement que j’ai payé dans sa totalité, et voilà 07 ans que j’attends. Certes, le promoteur est privé, mais le site est là, sur une terre algérienne et les carcasses de nos logements aussi, que l’Etat, termine les travaux pour nous autres citoyens algériens,» dira une femme, ayant en main un contrat VSP, établi en septembre 2013. Cette dernière, vit dans un logement en location. «Je règle un loyer de 2,5 millions par mois depuis 08 ans, je pensais que mon logement serait près en 04 ans à la rigueur. Quand je fais le compte et que je constate que j’ai versé 240 millions en loyers, j’ai les nerfs qui sautent, j’aurais pu faire comme d’autres bénéficiaires qui ont terminé eux-mêmes leur logement dans ce site et y habitent.» En effet, ces derniers ne pouvant supporter les frais des loyers, ont fait dans le système D, et ont finalisé petit à petit leur logement, ils utilisent des semblants de fosses septiques, pour l’évacuation des eaux usées. Cette situation n’est pas première dans la wilaya d’Oran, si les 42 logements d’El Karma sont loin des yeux, il y a un projet au cœur d’Oran, dans un quartier des plus en vue, EL Akid Lotfi, qui est resté une tache noire dans ce quartier durant près d’une vingtaine d’années. Les souscripteurs à ce projet, une résidence constituée de plusieurs immeubles sur un grand axe de ce quartier, dont le promoteur est également mort, ont dû à leur tour prendre les choses en mains, et finalisé eux- mêmes leurs logements sans toucher à la façade. Aux dernières nouvelles, l’OPGI a pris en charge la finalisation de cet immeuble pour un cout de plus de 35 milliards. Pour le cas des 42 logements El Karma, l’OPGI devra également prendre en charge la finalisation, cela se décidera, lors d’un Conseil d’Administration, dont la tenue est reportée d’un mois à l’autre depuis une année. En fait, l’OPGI, devra assurer une enveloppe financière pour ce projet, puisque les versements effectués par les souscripteurs au compte du promoteur, une partie a été consommée par ce dernier et une autre est bloquée dans le compte de la EURL, les héritiers demeurant en litige. Selon notre enquête, dans cette affaire, seulement 17 des souscripteurs à ce projet, sont titulaires du contrat VSP, ils ont dans leur majorité réglé la totalité du prix du logement. On saura également que l’aide CNL n’était pas encore parvenue au promoteur à sa mort. D’entre les souscripteurs certains n’ont réglé que la première tranche du coût du logement. On a également appris que le problème du transfert de la propriété du terrain, abritant ce projet s’est posé, mais qu’il sera réglé une fois que le CA de l’OPGI aura validé la prise en charge de ce projet, tel que décidé par le wali. Les 42 souscripteurs à ce projet, font d’ailleurs, appel au wali d’Oran M. Cherifi, pour régler leur problème. Ils font également appel au Directeur Général de l’OPGI, M. Baroud, pour prendre en charge leur projet dans les plus brefs délais.