Il était une fois le SIT, l’ancêtre mémorable de l’Office du tourisme

Célébration de la journée mondiale du tourisme

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Par Allal Bekkaï

L’animation avec ses différents volets (concert, théâtre, kermesse, excursion, fête…) joue un rôle primordial dans l’acte culturel et constitue la pierre angulaire d’un projet touristique. A l’occasion de la journée mondiale du tourisme qui coïncide avec le 26 septembre de chaque année, l’on ne peut ne pas évoquer le rôle légendaire de deux entités représentant la société civile locale, lesquelles ont marqué de leur empreinte la vie culturelle et par ricochet l’ambiance touristique de la perle du Maghreb. En effet, la cité des Zianides se vantait de disposer dans les années 70 d’un infatigable et non moins bénévole tandem qui réalisait des exploits en matière d’animation. Il s’agit du comité des fêtes de la ville (CFV) et du syndicat d’initiative et du tourisme (SIT). Un organigramme était judicieusement établi pour veiller au déroulement du programme (festival de la musique traditionnelle de la jeunesse au lycée Dr Benzerdjeb puis au lycée MalihaHamidou, fête des cerises du grand Bassin, quinzaine économique de Blass, spectacle  » son et lumière  » de Mansourah…).Ledit festival dont la 1ère édition fut lancée en 1974 était drivé par les Benabadji et Kara Zaïtri, secondés de Hadj Hassani, Sekkal  » Bacchus « , Dr MustaphaYadi ainsi que Mourad Hamidou au jury. Le paysage musical était alors occupé par Gharnata, la Slam, Riad El Andalous ainsi deux orchestres scolaires (celui du lycée Dr Benzerdjeb et celui de l’animation scolaire). L’administration (secrétariat général du CFV/SIT) était assurée par Tahar Sari assisté des Kahia, Dib, Medjadi, Hadjar, Hamdi, Omari… Au niveau de l’accueil, on retrouvait les Hadjar, Taleb, Hamidou, Chalabi. L’hébergement et la restauration des orchestres et troupes théâtrales étaient l’affaire de toute une équipe regroupant les Tabet, Hassani, Maachou, Rebib, Lokbani, Boukli, Benmrah, Mamoun, Addou… Le volet matériel, soit les stands, le pavoisement et la sonorisation, était géré par le dynamique FethiBenabadji de la mairie avec Sedjilmaci, Kazi et Brikci (Réda). La publicité était prise en charge par Benali El Hassar, KaïdSlimane,Tabet Aoul, Maachou, Benosman et Triqui qui s’occupaient chacun en ce qui le concerne de la presse, la RTA, les affiches et le programme.A noter que la radio locale de Bel Horizon était encore en  » hibernation  » (suspendue d’émission) et les voix des ZoubirRafi’i, Kamel Benhabib éteintes. Les Chalabi, Hassani, Kara Zaïtri, Meziane, Aït Salem et Hamidou veillaient à la tenue des expositions (peinture, instruments de musique, artisanat, conchyliophilie…). Le volet circuits touristiques était  » organisé  » par les Korti, Benmrah, Benghebrit (Abdelkader) qui faisait office de guide et Sari. Au chapitre manifestations sportives figurait le trio Brikci (Abdelkader), Sari Bey et Benmrah. La gestion des conférences et la musique était confiée aux Dib, Baba Ahmed et Benkalfat. Quant aux Bekkaï, Dib (Omar), Brikci (Rachid) et Dali Youcef, ils étaient chargés de l’évaluation des concours (meilleure œuvre, meilleure vitrine…) organisés dans ce cadre.A ce propos, il convient de souligner qu’un concours culturel sur l’histoire de Tlemcen fut organisé pour les jeunes à l’initiative du SIT à l’occasion de la quinzaine touristique (du 20 juin au 05 juillet 1978). Rappel de quelques questions à titre illustratif (sur un total de 33) : Cite les différents noms de Tlemcen ; Combien existe-t-il de vieilles mosquées à Tlemcen ? En quelle année fut fondée la medersa Dar El Hadith ?… Il convient de souligner dans ce sillage les activités de la FOCET relevant de l’inspection académique  » incarnée  » par les Djebbari et Harchaoui, sans oublier dans ce cadre le journaliste Cheloufi et Sid Ahmed Medjadi, l’artisan du camp de vacances de Ourdania, parallèlement à l’animation scolaire et son conservatoire enfantin sous la houlette de Abdelkader Bekkaï, outre la troupe théâtrale de Gharnata avec les Boukli, Sekkal (Madjid et Abderrezak), Brikci, Khouani, Benaïssa…Les fêtes scolaires se déroulaient à la medersa et les kermesses étaient organisées tantôt au collège Ibn Khaldoun, tantôt à l’école de Blass El Khadem. Même les cérémonies de mariage de l’époque (cortège de  » Moulay El Malik et rituel nuptial de  » Laroussa « ) constituaient une attraction pour les touristes, notamment les étrangers. Il faut savoir que la première assemblée du SIT eut lieu le 4 avril 1919 en son siège de l’esplanade du Mechouar au sein de la première église désaffectée (rue de France) et rassembla des dizaines de Tlemceniens, entre autres Brixi, Benkalfat, Rostane, Mansouri, entre autres,aux côtés des Havard, Soulé-Tholy, Cardonne, André, Abeilhé, Blanc, Bonnet, Benichou,Cohen, Desbonnet, Escale, Fages,Ferrié, Gogiot, Jouve, Ladoué, Marc, Pierre, Pinaud,Spenher, Salessy, Sabatier, Thesmar et Vernet.L’âme du comité fut Alfred Bel, directeur de la Medersa (franco-musulmane), arabisant et connaisseur des coutumes locales qui écrivit à ce titre un premier  » Guide illustré de Tlemcen  » (1908) suivi d’une deuxième édition  » Guide illustré du touriste/Tlemcen et ses environs  » (1919).Après l’indépendance, le SIT sera présidé tour à tour par Mahieddine Sari, Benali El Hassar, Dr Abdelkrim Gaouar, Dr Abdelatif Mesli et présentement AbdeslemBoukli, par ailleurs gérant de l’hôtel Agagir. A noter que le syndicat d’initiative de Tlemcen changea de nom en 1985 pour devenir Office de tourisme de Tlemcen(OTT). A son actif, la publication de deux guides touristiques (1994/2010) aux côtés de trois autres (Aspewit/Graficolor/El Kandil).A l’entrée de la place Cdt Fardj, juste en face de l’esplanade ombragée du Méchouar se trouve le siège de l’office du tourisme de Tlemcen(anc. Syndicat d’initiative de Tlemcen).Le buste de Marianne, figure symbolique de la République française,(aujourd’hui disparu), à l’ombre des remparts élevés par les princes almohades, racontait la transformation de la capitale du grand royaume berbère en sous-préfecture française, avec son kiosque et ses terrasses de café sous les platanes.Le SIT avait été abrité par la petite Chapelle(désaffectée) de Notre-Dame des Victoires, qui fut lapremière église catholique de Tlemcen, lors de la conquête française.Aménagée en 1845 sur les vestiges d’une ancienne synagogue, ce presbytère est d’une structure élégante et de style mauresque. L’édifice n’offre ni fenêtres, ni vitraux, mais il reçoit le jour par la voûte qui est ouverte sur les deux côtés, dans le sens de sa longueur, et munie d’un vitrage.Le premier curé de Tlemcen fut H.Belluze qui a été nommé le 21 juin de 1845. Aujourd’hui, l’entrée de l’office est agrémentée par une pâle réplique de la porte secondaire de la medersa Tachfinia.C’est Mohammed Talhaoui, artiste au sein de l’atelier « Khatt » de DerbH’laoua, spécialiste du langage ornemental arabo-mauresque, qui est l’instigateur de l’idée de la reconstitution de la porte de la Tachfiniya.Ce chercheur a retrouvé au Musée Cleny de Paris les documents concernant l’université Tachfiniya, la plus prestigieuse du XIII è siècle. Ainsi, sur la base des plans obtenus, il reconstitua en 3 D toute la Médersa de 47,15 m sur 31,26 m.Après avoir fait ressurgir cette porte du passé, son projet était de reconstituer fidèlement et in situ celle-ci, c’est-à-dire en face de la grande Mosquée, sur la Place Emir Abdelkader, pour en faire une porte mémoire de 5,28 m de largeur et 10,08 m de hauteur. A souligner que l’office du tourisme de Tlemcen était présent, ce mercredi(26 septembre 2018) au palais de la Culture Abdelkrim Dali, à l’occasion de la célébration de la journée mondiale du tourisme.