Boualem Belhadri

Nombreux sont les oueds, présentant une menace indubitable, traversent des villes dans la wilaya d’Aïn Témouchent.
Ces oueds quand on sait qu’il n’y a pas un budget spécifique annuel pour les entretenir et les curer sont constamment remplis, çà et là de déchets inertes (terres, pierres, sable, agrégats, décombres, branchages, produits de démolition, restes d’animaux et d’ordures).
Les menaces pèsent assez lourd sur les localités du bassin- nord du Tessala (Aïn El Arbaa, O/Sebbah, Tamzourah et tous les douars en aval, jusqu’à leur embouchure dans la Sebkha), les villes situées aux abords et en aval d’Oued El Malah (Chaabet El Lehem, El Malah, Terga), Aïn Témouchent, Aghlal, Aïn El Kihel et plusieurs douars et centres secondaires traversés par des Chaabet, irriguant les grands cours d’eau qui se déversent dans la mer. Chaque hiver les riverains sont constamment stressés et redoutent des «représailles», non des moindres quand la météo annoncent de grande averses, des fortes pluies, pouvant générer des inondations, causant des pertes énormes aux infrastructures de base, aux ouvrages d’art, aux réseaux routiers (national, départemental, communal et vicinal), aux cultures aux bétails, aux habitations se trouvant à quelques centaines de mètres des cours d’eau quand ils se mettent en crue.
Il y a 02 ans tout une famille a été emportée et ensevelie par les eaux d’Oued Berkeche au niveau du pont, menant à Chentouf et Hassasna. L’une des victimes est une femme enceinte sur le point d’accoucher. Les routes menacées par les crues sont la RN2, RN35, RN95, RN 108, RN96, RN 101, CW18, CW26 et autres chemins non classés. Lors du dernier Conseil de wilaya, dont l’ordre du jour a ciblé en grande partie les mesures à prendre pour parer les habitations, ouvrages d’art, routes, terres, cultures, bétail… contre les inondations, la wali Ouinez Labiba a insisté à ce que les responsables de modules relatifs aux intempéries doivent redoubler d’effort et faire tout ce qui est en leur pouvoir, pour maintenir la vigilance à son plus haut niveau avec la mise en œuvre des moyens qu’ils disposent à la portée de la commission de wilaya à charge de ce dossier.
Le même verbe et le même ton a été mis en conséquence à l’endroit des chefs de daïra et des élus locaux à même d’accentuer les travaux de curage, de désherbage des oueds, des avaloirs, des regards d’assainissement des passages busés, des parties sous et aux abords des ponts. Ce n’est qu’après les grands dégâts enregistrés au Sahara et au niveau de plusieurs villes à l’Est, au Centre et à l’Ouest que cette réunion a eu lieu. Les ministères des Travaux Publics, des Ressources en Eau, de l’Intérieur et des Collectivités Locales se sont concertés pour mener des plans ORSEC-Intempéries. Les moyens de plusieurs wilayas ont été mobilisés pour secourir plusieurs pays de l’Est. Jusqu’à présent on a l’impression que la leçon n’a pas été bien apprise ou mal enseignée et dans les deux cas ce n’est pas bien.
Les opérations de curages des avaloirs, des regards et des oueds traversant villes, localités, centres secondaires…. se font assez timidement au niveau des grandes agglomérations et chefs-lieux de daïra. Au niveau des autres localités rurales l’opération n’a pas été lancée. Le constat est malheureusement là visible et connu par tous notamment, ceux devant prévenir et intervenir à temps pour préserver et protéger. Au niveau de la wilaya, il est temps de réfléchir sur la mise en œuvre d’un dispositif de prise en charge effective et efficiente les problèmes de ce genre et autres similaires. Les idées ne manquent pas, la détermination des uns et des autres aussi.
Et si l’on est capable de mobiliser des moyens financiers pour d’autres activités à longueur d’année, cela est aussi bien et reste inscrit à l’indicatif des initiateurs, cela n’empêche pas ces derniers et autres niveaux décisionnels de penser à créer ce qui est convenu d’appeler le parc des grandes catastrophes à financer selon un montage financier pluriannuel et pris ne charge par plusieurs fonds (FCCL, wilaya, collectivités locales, fonds des calamités naturelles….)