La notion de l’hygiène et de la sécurité ne doit pas être confinée uniquement aux seuls besoins des entreprises publiques et privées. Cette notion, édictée dans le cadre de la loi (N° 88-07 de 26 janvier 1988 relative à l’hygiène, à la sécurité et à la médecine du travail) : «a pour objet de définir les voies et les moyens, ayant pour but d’assurer aux travailleurs les meilleures conditions en matière d’hygiène, de sécurité et de médecine du travail et de désigner les personnes responsables et organismes employeurs chargés de l’exécution des mesures prescrites.»
Aussi : «les dispositions de la présente loi sont applicables à tout organisme employeur, quel que soit le secteur d’activité auquel il appartient.» En sus, «cette loi contient une série de règles générales en matière d’hygiène et de sécurité en milieu du travail (Chap. II), médecine du travail (Chap. III), formation et information (Chap. IV), organisation de la prévention (Chap. V), financement (Chap. VI), contrôle (Chap. VII) et sanctions (Chap. VIII).»
On se réfère à ces lois pour inviter qui veut contribuer, afin d’élargir le champ d’exécution et d’application à tous les métiers et activités à risque majeur, pouvant générer d’importants dégâts humains et matériels. Pour mieux illustrer ce que l’on vient de dire, il est bon de rappeler que durant la saison estivale 2018, allant du 1er juin au 31 août, la Protection civile de la wilaya d’Aïn Témouchent a enregistré plus de 700 incendies. Les notions de périmètres immédiats, intermédiaires et lointains de protection et de sécurité ne sont pas connues par les particuliers, toutes activités confondues et par les entités économiques et industrielles à un degré moindre.
En date du 11 septembre 2018, aux environs de minuit 30 mn, la Protection civile était sur les lieux du sinistre, relevant de l’exploitation Rachid Ali, dans la localité de Beni Ghanem, commune de l’Emir Abdelkader (27km au nord-ouest d’Aïn Témouchent). Pas moins de 250 bottes de fourrages sont parties en fumée, ainsi que la toiture du hangar, d’une superficie de 100 m 2. Nonobstant l’ampleur du sinistre et les dégâts occasionnés, les pompiers ont pu mettre hors de danger 600 bottes de foin. Le fellah qui a été ruiné (pertes évaluées à 1.000.000 DA) n’a pas pris les mesures de sécurité pour épargner ses biens. Il n’a pas jugé utile de contracter des polices d’assurance pour le hangar et de l’aliment de bétail. C’est à ses risques et périls, comme dit le proverbe. Ce cas n’est qu’un échantillon parmi tant d’autres qui ont été enregistrés par la Protection civile. Ce qui se dit pour les hangars l’est aussi pour serres, les étables et les hangars à volailles. Elargir la notion de sécurité selon la loi N° 88-07 de 26 janvier 1988 relative à l’hygiène, à la sécurité et à la médecine du travail est, non pas uniquement utile, mais un besoin pressant qui doit recueillir le saut d’obligation à toutes les activités individuelles, collectives aussi bien dans le cadre des entreprises que dans le cadre des fonctions libérales. Songer à lancer des programmes de formation à l’endroit de tout ce monde est devenu par les temps qui courent une nécessité communautaire à faire valoir et vulgariser.

Boualem Belhadri