La situation peut paraître étrange, mais elle est bien réelle sur les marchés informels de l’automobile d’occasion, la voiture d’occasion plus chère que celle sortie d’usine, alors que cette dernière reste déjà à des prix excessifs par rapport à ce qui se fait ailleurs à travers le monde. Certes, chez nous, il n’existe que des usines de montages et pourtant les prix proposés malgré tout ce qui a été promis par les ministres successifs, les associations de protection du consommateur et les enseignes installées en Algérie, mais rien n’y fait, le marché automobile, qu’elle soit neuve ou d’occasion, n’obéit à aucune norme, ni aucun critère commercial, bien au contraire l’arnaque sur la qualité et sur le prix, sont le maître mot chez ces commerçants.
Depuis la mise en place de quotas imposés aux concessionnaires de voitures, aucune stabilité des prix n’a été constatée et chacun y va avec ses tarifs toujours plus hauts. Une situation qui a inévitablement fait stagner, voire chuter les ventes de voitures à travers l’ensemble des marchés d’occasion à Oran, celui d’El Kerma à proximité du marché de gros, reste une référence pour jauger le taux de vente qui reste selon de nombreux habitués de l’occasion, en nette régression. Un aspect positif pour les éventuels acheteurs qui voient de semaine en semaine, les prix de la voiture d’occasion, baisser.
Entre cinq et six millions de moins pour les voitures les plus récentes, les raisons seraient multiples, baisse du pouvoir d’achat, baisse de l’activité commerciale dans son ensemble, multitude d’intermédiaires et de revendeurs, escroqueries à tous les niveaux qui poussent à la suspicion, une série de facteurs qui fait que la voiture d’occasion ne pouvait rester éternellement plus chère que la neuve, une aberration qui a eu de beaux jours en raison des activités informelles génératrices d’argent sans contrôle. Ainsi la baisse des prix des véhicules d’occasion se poursuit, certains modèles, notamment de véhicules neufs, ont cédé une bonne part de leurs prix exagérés par rapport à leur valeur, il y a peine quelques semaines.
La poursuite de la tendance baissière peut aisément être constatée par le recul du nombre des transactions conclues au niveau du marché d’El Kerma. Une baisse est particulièrement remarquée pour les véhicules neufs sortis des usines de montages du pays, à l’image de l’usine de Relizane et c’est le cas de la Seat Ibiza FR qui était cédée à 270 millions de centimes alors qu’elle était proposée à plus de 275 millions de centimes, alors que son prix dans d’autres pays n’excède pas les 9.000 euros. Pour la Dacia Stepway essence, elle a cédé près de 05 millions de centimes pour être proposée à près de 172 millions et la tendance est à plus de baisse. La surprise vient de la petite i10 de Hyundai qui était vendue au tout premier jour à moins de 80 millions, se voit proposée à 150 millions de centimes, voire à 160 millions en toutes options. La Golf Star année 2017 qui était proposée à 286 millions, a connu une légère baisse de 05 à 06 millions de centimes. Pour les véhicules relativement récents, les prix sont aussi légèrement à la baisse. C’est le cas pour la Polo année 2013 (entre 170 et 200 millions de centimes selon le modèle) la Skoda Rapidannée 2014 (210 millions) ou encore la Clio 4 année 2014, dont les prix varient entre 140 et 150 millions de centimes. Cette situation confirme toute l’anarchie d’un marché pour voitures qui n’a pas trouvé ses marques depuis l’apparition des fameux concessionnaires et leurs arnaques qu’aucune autorité n’a pu étrangement réguler, confirmant de fait que le dindon de la farce reste comme à son habitude, le consommateur et le slogan de «Laisse- la rouiller» n’aura eu aucune incidence sur ce marché qui ne répond à aucune norme.