La passion pour les oiseaux est partagée par bon nombre d’Oranais, un marché qui a ses particularités, ses dérives et ses cercles restreints. Tous les passionnés sont unanimes sur un point, l’oiseau devient rare et les prix à la vente pour certaines espèces recherchées, prennent des ailes.
Habib, ce jeune homme de Miramar, passionné depuis son plus jeune âge, estime pour sa part que le braconnage a donné un coup sévère aux espèces et faute d’encadrement, la rareté de certaines espèces se fait nettement ressentir depuis quelques années, il nous en parle avec sa ferveur, lui qui a eu entre ses mains, de rares espèces mais qui confirme que le chardonneret, reste l’oiseau préféré des Algériens, le canari, vient à son avis en seconde position, les prix ont certes grimpé, mais pour les véritables passionnés, ce n’est pas cela le plus important, trouver la pièce rare aux caractéristiques particulières, n’a pas de prix.
Partagé entre son travail en milieu artistique et sa passion pour les oiseaux, Habib, regrette un temps, où les espèces étaient assez variées, et il arrivait, que des passionnés se déplaçaient pour voir telle ou telle espèce.
Selon nos interlocuteurs, en plus du marché local, ce sont surtout les marchés européens, et plus particulièrement l’Espagne et la France, que les contrebandiers alimentent. La filière est bien rodée et passe généralement par le Maroc. C’est un véritable massacre qui est organisé. Sur une centaine d’oiseaux capturés, seuls 03 survivent. Mais depuis un certain temps, le contrôle aux frontières est rigoureux et rien ne passe à quelques rares exceptions près.
Négociants et amoureux des oiseaux se retrouvent souvent au marché de M’Dina Jdida, un jeune passionné nous en parle : « je vais régulièrement au marché de la ville nouvelle avec un ami. Nous y allons de bonne heure, car après il y a trop de monde et ça rend la recherche difficile, ce qui m’intéresse d’abord ce sont les chardonnerets, mais je suis aussi preneur quand je trouve un beau canari.»
Le marché des oiseaux se passe depuis quelques temps aussi sur et à travers les réseaux sociaux, on y trouve de tout et on peut même constater qu’il existe, un véritable marché des animaux exotiques, car en plus des oiseaux, vous pouvez trouver des espèces assez particulières, du hamster en passant par les écureuils, jusqu’aux aux espèces de poissons assez rares.
Parfois, le marché des oiseaux prend une ampleur de véritable trafic et ceci est confirmé assez régulièrement par les lâchers d’oiseaux effectués assez régulièrement par les services habilités de la Conservation des Forêts, 200 oiseaux à Tlemcen, 600 à Maghnia et près d’un millier ont été libérés à El Amria. Des chiffres qui illustrent l’importance de ce trafic.
Sur les 386 espèces d’oiseaux recensées en Algérie, 108 sont protégées. L’une de ces espèces en danger est le chardonneret européen (Carduelis), selon les informations que nous avons recueillies.
A titre indicatif, le chardonneret est l’un des plus beaux oiseaux de la Méditerranée. On peut le constater à travers les rues d’Oran, il y a de cages d’oiseaux accrochées sur les balcons des maisons et sur les devantures des magasins, très prisé pour sa beauté et le chant de cet oiseau depuis des lustres. Son plumage multicolore et le rythme de ses chants procurent des moments de plaisir sans égal et c’est ce que recherchent les passionnés.