La plaine de la M’léta, d’une superficie de plus de 20.000 hectares de terre arable, à vocation céréalière, est devenue le bassin laitier par excellence de la wilaya d’Aïn Témouchent. Elle comprend 02 laiteries établies respectivement à Aïn El Arbaa et Oued Sebbah, en plus de 03 autres situées dans les daïras d’Aïn Témouchent et Aïn El Kihel.
Selon les statistiques des Services Agricoles (DSA), il y a eu une évolution notable du cheptel bovin depuis l’année 2000. Ainsi il a été enregistré en 2016, pas moins de 20.500 têtes bovines contre 12.650 unités en 2001, soit une augmentation de l’ordre de 62% environ.
Cette mutation qualitative reflète-t-elle les potentialités réelles de la wilaya qui dispose plus de 180.000 hectares de terre arable?
Une grande question qui se pose d’elle-même, elle nécessite une réponse basée sur des statistiques fiables, et non sur des estimations pouvant controverser les données des organismes habilités d’en fournir au plan.
Quand on interroge les professionnels, ils disent que la wilaya peut réaliser des rendements plus performants que ceux obtenus, car les conditions pour développer la filière lait sont réunies, notamment avec les dernières facilitations prises par le ministère de tutelle pour la promouvoir.
Prévaloir une politique nationale de production d’aliment de bétail
Mais quand on entend les éleveurs parler, on comprend que le son de cloche évoque plutôt «des contraintes liées aux coûts élevés de l’aliment de bétail,» d’une part, et argue «le prix à la production du litre de lait en deçà de son estimation réelle,» d’autre part.
Il est aussi lié à «la flambée des prix des produits vétérinaires et autres.»
Les attentes des éleveurs devraient voir une amélioration notable à l’issue de nombreux avantages arrêtés pour le développement de la filière, apprend-on.
Donc ils demandent : «d’asseoir une véritable politique nationale de production d’aliment de bétail.»
Certains sont allés à proposer «l’implication des CCLS dans la chaîne de production, un partenaire fiable et en mesure de jouer ce rôle, pour peu que la coopérative soit intéressée par un partenariat gagnant- gagnant avec les éleveurs et les producteurs de bovins et d’ovins.»
Les mêmes services ont estimé à 80 millions de litres de lait produits en 2015 contre 12 millions en 2009.
Cependant, certains observateurs disent : «que la production de lait par vache reste en deçà des attentes des éleveurs.
Une moyenne variant entre 15 et 20 litres par vache et par jour.»
Le mieux est d’avoir des références allant de 30 à 40 litres par tête et par jour. Aussi on enregistre «10.180 vaches laitières réparties comme suit: bovins laitiers modernes (B.L.M), 2.770 soit 27 %, bovins laitiers améliorés (B.L.A), 4.460 soit 44 % et bovins laitiers locaux (B.L.L) : 2.950 soit 29 %.
En sus, le cheptel ovin a été estimé à 138.400 têtes, dont 77.300 brebis.
Par ailleurs, les Services Agricoles ont recensé 3.025 vaches laitières dans les communes d’Oued Essabah et de Tamzourah, un bassin laitier en nette extension, ces dernières années.
Ces 02 collectivités ont réalisé une production moyenne de 16 millions de litres de lait par an. «Ce chiffre est appelé à augmenter dans les prochaines années, eu égard à la dynamique de développement de cette filière dans ces 02 zones qui occupent une partie géographique importante de la plaine de M’léta,» indique le responsable de la circonscription agricole d’Oued Sabah, Abdelkader Bouchareb.

Satisfaction des besoins nationaux à terme
du quinquennal en cours

Le ministère de l’Agriculture, du Développement Rural et de la Pêche arrivera-t-il à tenir sa feuille de route relative au développement de la filière lait et la production de viande bovine par les techniques de l’insémination artificielle, afin de pouvoir atteindre les objectifs assignés quant à la satisfaction des besoins nationaux à terme du quinquennal 2015-2019 ? Cette préoccupation majeure demeure au centre des débats lancés ces 02 dernières années, à Aïn Témouchent par des cadres et spécialistes du domaine, lors de la tenue de séminaires, journées d’étude et sessions plénières de l’APW. Avec l’implication de la profession, assez représentative et maîtrisant mieux l’élevage ovin/ bovin et les nouveaux partenaires qui se sont spécialisés dans ce domaine.
Les résultats obtenus sont nettement meilleurs aussi bien en matière de la multiplication du cheptel que l’augmentation de la production laitière comme montrés ci-dessus.
Lancé timidement et avec beaucoup de réticences de la part de la profession, dans les années 80 du siècle dernier, l’insémination artificielle a tendance à connaître une évolution encourageante, ces 02 dernières années, selon les explications fournies par les cadres de la Direction des Services Agricoles, ces derniers temps.

L’insémination artificielle, entre objectifs assigné
s et défis à relever

Ce procédé est présentement maîtrisé grâce aux efforts louables déployés par le CNIAG (Centre National d’Insémination Artificielle et de l’Amélioration Génétique) mais demeure, à l’heure actuelle assez méconnu chez les éleveurs algériens, d’une manière générale et ceux de la wilaya d’Aïn Témouchent, d’une façon particulière.
Des cadres de la Direction des Services Agricoles s’accordent à dire : « qu’il y a un grand chemin reste à parcourir pour arriver à admettre aux éleveurs la nécessité d’inséminer leur cheptel, dont le parc est estimé à 20.500 têtes avec 10.180 vaches laitières.»
Selon les statistiques, le nombre d’éleveurs bovins, dans la wilaya d’Aïn Témouchent varie d’une période à une autre. Il est estimé, en moyenne, à 5.000 dont une dizaine ou un peu plus, présentement, pratique l’insémination artificielle alors, «qu’au début du lancement du programme les fermiers étaient contre ce procédé de reproduction artificielle blasphémé et indiqué une pratique haram (péché),» selon Chouiref, le docteur vétérinaire. Quand on entend dire qu’à l’échelle de la wilaya d’Aïn Témouchent, il y a uniquement 04 vétérinaires qui sont habilités à inséminer selon les normes internationales, alors que le nombre de vaches laitières avoisine 10.000 têtes, cela dénote une certaine réticence assez contraignante de vouloir aller de l’avant, en vue de satisfaire la demande nationale en production de lait et de viande.
La formation de nouveaux inséminateurs, un préalable pour le développement de la production laitière
En effet Le ministère de l’Agriculture, du Développement Rural et de la Pêche (MADRP) est décidé à multiplier les séances de vulgarisation de cette technique, en procédant à la formation de nouveaux inséminateurs à l’échelle nationale et locale, en commençant par les wilayas qui disposent une tradition dans l’élevage bovin, dont Aïn Témouchent, particulièrement.
De plus, tout se faisait à Baba Ali (Alger), de la récolte de la semence à sa mise dans des paillettes prêtes à l’emploi, selon les normes usuelles mondialement connues. Toutefois, le problème le vrai, ne se pose pas au niveau des laboratoires, mais se situe, dans les élevages dispersés aux quatre coins du pays. A l’heure actuelle, Aïn Témouchent, il est bon de le rappeler dispose un important bassin laitier et 05 unités de production de lait.
Outre ce fait majeur, il est aussi important de souligner le nombre insignifiant d’inséminateurs homologués. Leur mission est indubitablement impossible, notamment quand un grand nombre de vaches à inséminer se met en chaleur dans un de temps assez court, alors que la durée des chaleurs est de l’ordre de 14 heures. Faute de mieux, l’éleveur recourt au procédé habituel. Quand on lance un programme il faut avoir les moyens de la politique prônée par le ministère de tutelle. Le cheptel a donc doublé et pouvait être plus important si les mesures ont été prises un peu plutôt, notent les observateurs du domaine.

La femme rurale et le fonds de développement
de l’élevage de fermes

Mener la réflexion autour de la question liée à la création de nouvelles zones de pacages est selon toute vraisemblance un sujet d’actualité qui devrait recueillir l’avis des autorités agricoles de la wilaya d’Aïn Témouchent. Il faut aussi noter que le fonds de développement agricole a accordé une importance aux activités de la femme rurale.
Des dons de têtes de caprins, petit élevage de ferme ont motivé ces dernières à vouloir s’inscrire dans cette dynamique.
On n’est pas du tout informé sur ce sous-secteur et les avantages qu’il a mis à la disposition des femmes rurales. Cependant, les statistiques parlent d’un cheptel de 18.519 têtes de caprins en 2015 contre 5.975 en 2000. L’évolution est très faible et les raisons de cette faible cadence n’ont pas été mises en évidence par les statistiques. Toutefois, avec les encouragements de l’élevage de ferme au profit de la femme rurale, les choses peuvent connaître plus d’engouement dans le futur proche.